Infra Terra : la croisade d’Interpol contre les criminels environnementaux

Après plusieurs décennies de sommets, de conventions ou encore de conférences mondiaux sur l’environnement, force était de constater qu’aucun instrument coercitif au niveau pénal n’avait vu le jour afin de sanctionner et condamner les individus commettant des atteintes graves à l’environnement. Depuis le 6 octobre 2014 c’est désormais chose faite, avec l’opération Infra-Terra lancé par Interpol.

 

b4893101-f9e4-4fdb-8223-c5835fad2829-bestSizeAvailable

 

Après le succès des opérations Infra-Red (2010 et 2012) au niveau mondial dans le but localiser les plus dangereux criminels en fuite, Infra-SEA (2011) concernant les criminels pédophiles en Asie du Sud-Est et Infra-America (2013) concentrée sur l’Amérique centrale et les trafiquants de drogue et d’armes, Interpol déclare la guerre aux criminels environnementaux en lançant la campagne Infra-Terra en octobre 2014.

Infra-Terra est un acronyme signifiant « International fugitive round up and arrest ». Dans le cadre de cette opération, l’organisation policière internationale a émis une liste de 139 fugitifs recherchés par 36 pays membres pour des atteintes à l’environnement. Au sein de ce catalogue, Interpol a dressé une liste de 9 criminels propulsés au rang d’ennemi public numéro 1. Parmi eux se trouvent trois Européens, trois Africains, deux Asiatiques et un Nord-Américain. Afin de rendre sa lutte contre ces malfaiteurs plus efficace, Interpol compte bien sur l’aide du public en diffusant la liste ainsi que les photographies des malfaiteurs à travers la planète. Selon Stefano Carvelli, chef de service des unités fugitifs  d’Interpol « Ce ne sont pas des braqueurs, mais les agissements de ces personnes peuvent avoir des conséquences directes sur la santé des populations, par exemple en ce qui concerne le trafic de déchets. Lorsqu’il s’agit du braconnage d’animaux, l’atteinte n’est pas directe pour l’homme, mais menace la survie de l’espèce visée ». Les faits reprochés concernent la pêche illégale, le trafic d’espèce sauvages, le commerce et les déversements illégaux de déchets, la coupe illégale de bois et les commerces illégaux d’ivoire.

Nous pouvons ainsi noter qu’Interpol ne se focalise pas uniquement sur une approche anthropocentrée de l’environnement, en ce sens que les atteintes incriminées n’ont pas seulement porté préjudice à l’Homme. Mais c’est bien l’environnement dans son entièreté qui vise à être protégé.Après la notion de dommage écologique pur consacrée par la Cour de cassation le 25 septembre 2012 dans l’affaire Erika, c’est la protection de l’environnement par le plus au haut niveau des organisations internationales en matière pénal qui est dès lors entériné.  Avec Infra-Terra, Interpol se place désormais comme le gardien de la défense de l’environnement et de la lutte contre ses atteintes.

 

Sources :

http://www.lefigaro.fr/international/2014/11/17/01003-20141117ARTFIG00330-interpol-traque-pour-la-premiere-fois-des-criminels-environnementaux.php

http://www.interpol.int/News-and-media/News/2014/N2014-220

http://www.reporters.dz/crimes-environnementaux-interpol-lance-loperation-infra-terra/29024

http://www.ccamlr.org/fr/news/2014/interpol-lance-lop%C3%A9ration-infra-terra-pour-lutter-contre-la-p%C3%AAche-inn

https://www.youtube.com/watch?v=AciJOs4aHjg

 

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *