Le développement de la technologie nucléaire de Westinghouse en Turquie

Le lundi 24 novembre 2014, la société américaine Westinghouse s’est portée garante dans la fourniture de son réacteur AP1000 pour la construction d’une centrale nucléaire en Turquie.

Pittsburgh Westinghouse Sign, 1967.en.wikipedia.org

Une entente multilatérale a été conclue avec la société Westinghouse Electric Company, la société chinoise State Nuclear Power Technology Corporation et la société de production d’électricité turque Electricity Generation Company. Cet accord prévoit l’implantation d’une nouvelle centrale nucléaire, dotée de quatre réacteurs AP1000. Ce consensus recouvre toutes les procédés de cycle de vie d’une centrale nucléaire, c’est-à-dire : l’exploitation, la fourniture du combustible nucléaire, la maintenance de la structure, l’ingénierie, les services aux centrales affiliés et le mécanisme de démantèlement.

Danny Roderick, président et directeur général de Westinghouse s’est félicité de la conclusion de cet accord tripartite, « nous sommes très heureux de ce développement en République de Turquie qui nous permet de fournir notre technologie de pointe et nos systèmes de sécurité passive innovants ».

Focus historique de la société

Crée en 1886 par son fondateur Georges Westinghouse, son siège se trouve à Pittsburg. Appartenant au groupe Toshiba Corporation, cette société a délivré le premier réacteur à eau pressurisée sur le site de Shippingport aux Etats Unis en 1987. Elle a fait de sa spécialité :
– la conception et réalisation de centrales nucléaires
-la fabrication de combustibles nucléaires
– la maintenance et des opérations de modernisation de ses centrales
De nos jours, plus de la moitié des centrales nucléaires sont dotés de la technologie du réacteur AP1000.

Le succès du réacteur AP1000

Westinghouse a développé ce type de réacteur, de « 3ème génération + », présenté comme une technologie très sécurisée, compétitive, efficace et intègre la notion de sécurité passive. En réponse à la catastrophe de Fukushima, des améliorations ont été effectuées : la capacité de l’enceinte du réacteur de se prémunir contre un crash d’avion et l’ajout d’une structure de béton armé de trois mètres d’épaisseurs, ayant pour but de protéger la cuve de confinement, comprenant le réacteur.

Fort de la renommée de sa technologie, huit de ces réacteurs sont en phase de construction dans différentes villes du monde : 4 réacteurs respectifs pour les sites de Vogt et V.C Summer aux Etats Unis et 4 autres sur les sites de Sanmen et Haiyang en Chine.
D’autres constructions sont à prévoir sur le site de Moorside au Royaume Uni et Kozluduy en Bulgarie.

Les déboires de son concurrent Areva

Récemment, la société Areva manifestait sa satisfaction d’exporter son réacteur EPR sur le site Hinkley Point, dans le Sommerset au Royaume Uni. Cependant, la fiabilité de cette nouvelle technologie est contestable car sur le chantier Finlandais Olkiluoto, des dysfonctionnements techniques ont été signalés, ce qui l’a contrainte au versement de pénalités financières. Face à ce constat, les compagnies d’électricité hésitent à se doter de cette technologie. Pour se défendre, Areva estime qu’il s’agit du « premier prototype d’EPR » mis en œuvre et qu’elle ne pouvait donc pas anticiper tous les aléas techniques.

A la conquête du marché européen

Récemment, Westinghouse a été sélectionné par la société Finlandaise Teollisuuden Voima Oyj (TVO) pour lui fournir des combustibles nucléaires de remplacement pour ses centrales nucléaires. Cette livraison annuelle doit s’échelonner de la période 2016/2019. Ce combustible provient de son site de Vaderas en Suède, qui lui a déjà fourni 5400 assemblages combustibles. Cette source nucléaire est à destination des réacteurs à eaux bouillantes (REB), qui ont été créés et installés par l’entreprise ASEA-ATOM, rachetée en 2000 par Westinghouse.

Sources :
-www.enerzine.com/2/17896+future-centrale-nucleaire-turque—westinghouse-fournira-4-reacteurs-ap1000+.html
-www.enerzine.com/2/17904+westinghouse-fournira-du-combustible-pour-la-centrale-nucleaire-dolkiluoto+.html
-www.enerzine.com/2/13223+etats-unis—vers-une-renaissance-du-nucleaire+.html
-westinghousenuclear.com/New-Plants/AP1000-PWR
-westinghousenuclear.com/France

 

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1 réponse

  1. Grégoire dit :

    En dehors de la publicité pour un constructeur nucléaire, quel est l’intérêt de cet article et qu’apporte-t-il en ce qui concerne le débat sur les sources d’énergie et leur coût ?

    Car l’AP1000 connaît lui aussi des retards, aux Etats-Unis comme en Chine, et ne vaut pas mieux que l’EPR.

    Pour la Turquie, c’est une aventure de prestige bien coûteuse que de se lancer dans le nucléaire pour produire de l’électricité. L’éolien et le solaire permettent d’entrer en production bien plus vite et pour moins cher (prix du kWh).

    http://energeia.voila.net/electri2/mediterranee.htm

    Pour le solaire réputé coûteux par les gens mal informés, son tarif d’achat actuel en Turquie est déjà bien inférieur à celui fixé pour le nucléaire britannique après 2023.

    C’est aussi le cas pour le tarif d’achat de l’éolien en Turquie.

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