La prise en compte du développement durable par les professionnels de l’hôtellerie et leurs clients

Alors que les professionnels de l’hôtellerie peinent à engager pleinement le virage du développement durable, les clients de l’hôtellerie se déclarent prêts à agir et à faire évoluer leurs comportements.

 

L’Hôtellerie-restauration, secteur important de l’économie qui emploie du personnel pour vendre du service ou des biens, rassemble les trois composantes du développement durable (économiquement viable ; socialement équitable ; écologiquement reproductible). Les entreprises de l’hôtellerie-restauration, en particulier les plus petites structures, se sentent souvent peu concernées par le développement durable en dépit des enjeux majeurs identifiés dans ce secteur. Le secteur présente la particularité d’être en relation directe avec les consommateurs, il est donc potentiellement plus concerné que les autres secteurs, au même titre que le commerce de détail, par l’importance croissante du facteur environnemental dans l’opinion publique.

L’hôtellerie-restauration doit préparer sa mutation et envisager ses métiers autrement en associant des politiques rentables, écologiques et éthiques. Les grands groupes ont d’ores et déjà intégré le développement durable dans leur stratégie commerciale. La responsabilité sociale et environnementale est le résultat d’efforts communs. Et dans le tourisme plus encore que dans d’autres secteurs, le résultat dépend en partie du comportement des clients. Les touristes sont de plus en plus sensibles à la préservation de l’environnement : économies d’énergie, utilisation des produits bio et écologiques, gestion des déchets… Sensibiliser et accompagner les clients dans une démarche de consommation et de tourisme durable est donc un élément de plus en plus important tant pour la réussite de la démarche de l’établissement que pour son image.

Cependant il apparaît que le secteur souffre d’une prise de conscience tardive quant aux enjeux du développement durable, bien que ce constat global cache certaines initiatives pionnières. Des petits établissements sont ainsi engagés depuis longtemps dans une démarche de responsabilité sociale et environnementale, tout comme certains grands groupes que l’on peut qualifier de “précurseurs”, tel que le groupe Accor, qui a lancé en 1998 la Charte Environnement de l’Hôtelier puis a lancé en 2011 une plateforme de connaissances partagées, nommée Earth Guest Research, sur les enjeux sociétaux et environnementaux dans l’hôtellerie. Sa vocation est de mettre à disposition à l’ensemble du secteur et du grand public des études et des méthodologies sur le développement durable pour contribuer au savoir et au progrès de l’industrie du tourisme. Il ressort des statistiques collectée une sensibilité partagée et mondiale des clients de l’hôtellerie vis-à-vis du développement durable. Au-delà des cultures, des genres, des motifs de séjours ou des gammes d’hôtellerie fréquentées, le développement durable apparaît comme un concept connu d’une large majorité de clients. En prenant l’exemple de la France, 9 clients sur 10 se déclarent sensibles au concept de développement durable (94% des clients de l’hôtellerie disent avoir connaissance du concept en France contre 73% en Allemagne et 54% au Royaume Unis).

D’après le baromètre international earth guest, les clients se reconnaissent comme un maillon essentiel de la chaîne du développement durable. La France, l’Allemagne et le Brésil placent les Etats et les citoyens en tête dans l’ordre des responsabilités. Notons que dans ces trois pays, les clients insistent massivement sur le rôle qu’ils ont à jouer. C’est ainsi que les clients de l’hôtellerie se déclarent prêts à agir et à faire évoluer leurs comportements. Quatre clients sur dix disent prendre toujours ou souvent en compte le critère du développement durable. Les clientèles de l’hôtellerie très économique et luxe, par ailleurs très sensibilisées au concept, apparaissent comme les plus attentives à ce critère dans le choix de leur hôtel. La bonne dynamique des clients de l’hôtellerie très économique trouve son explication dans la moyenne d’âge ; en effet, les 18-34 ans sont les plus sensibles au développement durable et cette clientèle privilégie l’hôtellerie très économique. De plus, les hommes apparaissent globalement plus sensibilisés au développement durable.

Pour séjourner dans un hôtel qui met en place des actions ou services en faveur du développement durable :

  • Près de 7 clients sur 10 sont tout à fait ou plutôt prêts à aller dans un hôtel un peu moins bien localisé. Dans le détail, près de 2 clients sur 10 sont tout à fait prêts à faire ce choix ;
  • Près de 7 clients sur 10 acceptent plutôt ou tout à fait l’idée qu’il soit un peu plus cher, dont 2 clients sur 10 qui se déclarent tout à fait prêts à accepter l’idée d’un surcoût.

Il ressort des statistiques que les clients de l’hôtellerie se montrent particulièrement attentifs aux externalités négatives liées à l’activité directe d’un hôtel. C’est ainsi que le baromètre fait apparaître une attente d’actions concrètes autour de quatre sujets majeurs qui sont l’eau, l’énergie, les déchets et la protection de l’enfance (notamment la lutte contre le tourisme sexuel). Cependant la thématique des déchets est celle qui est la mieux identifiée par les clients, et apparaît systématiquement parmi les priorités de la clientèle française, allemande et du Royaume Unis.

Sources :

Le développement durable dans les PME de l’hôtellerie-restauration, Centre Régional d’Observation du Commerce, de l’Industrie et des Services.

Hôtellerie durable : ready to check in ? earth guest research, ACCOR.

La plateforme de connaissances partagées sur le développement durable.

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