A quand l’avion électrique ?

Tout le monde en rêve même si le rêve est encore loin de la réalité. La question de l’avion électrique qui depuis longtemps fait l’objet de développement va peut-être trouver un aboutissement dans les années à venir. La question est de savoir quelle technologie sera mise en avant dans ce projet et surtout, quels seront les coûts qui seront engagés pour parvenir à ce but.

EADS, Boeing, etc, tous ces géants de l’aviation font la course pour accéder à cette technologie. En effet, le monde est conscient que cette technologie peut jouer un rôle majeur dans la transition énergétique amorcée. Mais pourquoi cette technologie ne voit toujours pas le jour depuis longtemps qu’on en parle ?

La réponse à cette question se résume essentiellement à deux éléments : la forme de la technologie en question et le coût qu’elle va requérir.

Aujourd’hui, les statistiques montrent que l’essentiel du transport aérien est aujourd’hui structuré autour des petites distances. Autrement dit, le petit courrier fait recette. Hors justement, les travaux en cours portent sur l’alimentation du court courrier, celui-ci étant plus facilement accessible à cette mise en œuvre.

Quelles technologies existent en la matière ? Parmi toutes les tentatives de vol réalisées avec un moteur électrique, la réussite la plus récente concerne Airbus Group Innovations. L’avion en question appelé E-Fan, résultat d’une collaboration ACS (Aéro Composites Saintonge) et Airbus Group Innovations est un prototype-école à propulsion électrique fabriqué en fibres de carbone. Mesurant 6,7m de long et 9,5m d’envergure, il est alimenté de deux packs de batteries lithium polymère installés dans les ailes. Il atteint 110km/h au décollage et 130km/h en vol.

Le projet constitue une fierté française et a été ainsi présenté comme l’un des 34 points clé de la Nouvelle France industrielle, programme phare de la politique de François Hollande. Cet avion comme on le voit, n’est pas 100% électrique car il nécessite de l’alimentation en kérosène, la partie électrique alimentant essentiellement le moteur.

L’autre technologie assez avancée en la matière concerne le Solar Impulse. Ce prototype avait fait la une en réussissant un vol de 26h d’affilée en 2010. Depuis, il avait augmenté les espoirs sur l’apparition très prochaine d’un avion 100% électrique. Le 9 avril 2014, donc très récemment, le Solar Impulse 2 voit le jour. Plus résistant que le précédent, il comporte toutes les dernières technologies en matière d’appareillage électrique dans l’avion : batteries, cellules solaires, etc. Fruit d’une collaboration entre plusieurs acteurs scientifiques de renom (Solvay, Altran, SunPower, Bayer), ce dernier peut rouler au sol sans utiliser ses réacteurs ce qui est une avancée majeure.

En fait, il faut comprendre que le problème majeur qui freine le développement de l’avion électrique concerne actuellement la propulsion. En effet, le moteur électrique ne peut remplacer la puissance et l’énergie fournie par un moteur alimenté au kérosène. De la sorte, la puissance requise au décollage de l’avion ne peut être assurée par une alimentation électrique. C’est l’enjeu majeur de toutes les recherches actuellement menées sur l’avion électrique.

D’autres projets existent, plus ou moins porteurs, notamment Sugar Volt, un avion développé par Boeing et dont l’objectif est de produire un moteur hybride à l’horizon 2035. En Allemagne également, le planeur Antares développé par Lange Aviation a pour projet d’être équipé d’une pile à combustible.

L’autre obstacle à la survenue de l’avion électrique concerne les coûts qui peuvent être engendrés. Par coûts, il faut entendre d’abord, les coûts liés aux différentes recherches actuellement menées sur la technologie en question. L’avion électrique, fantasme des industriels depuis des années, a nécessité et va continuer à nécessiter des milliards d’€. Et là encore, il ne s’agit jusqu’à présent que de prototypes qui ont vu le jour. Qu’en sera-t-il lorsque l’idée d’une fabrication en série sera envisagée ? Cette hypothèse même si elle est lointaine, vu la lente évolution des découvertes sur la technologie, entrainera en core plus de dépenses et des sources estiment la production d’un avion hybride d’affaire, à un coût en moyenne 5 fois plus élevé que le modèle conventionnel. Et là encore, les comptes n’existent même pas encore dans l’hypothèse d’un avion commercial, ce cas n’étant pas encore envisagé. A ce coût, qu’en sera-t-il alors du prix déboursé par les clients ?

Pour en savoir plus sur la technologie utilisée : http://www.paristechreview.com/2012/08/24/avion-electrique/

 

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