JO de Sotchi : quels prix pour les sponsors ?

Depuis le 7 février 2014, les XXIIe Jeux d’Hiver battent leur plein à Sotchi, une station balnéaire russe. Si le Comité d’Organisation salue jusqu’à présent l’organisation et la bonne tenue de l’évènement, force est de reconnaitre que tous les aspects ne sont pas si roses qu’ils paraissent.

  Déjà le 28 janvier, la Chaîne de Télévision généraliste Arte annonçait les couleurs avec un documentaire diffusé en fin de soirée sur l’organisation de ces jeux.  Il ne s’agit pas de revenir sur cet aspect des jeux qui a déjà été dépeint dans un article précédent de ce blog.

  Il est question plutôt de s’intéresser aux entreprises qui se sont engagées à soutenir l’évènement. Pour rappel, le développement durable constitue le 3e pilier des JO après le sport et la culture. Dès lors, les jeux sous tous leurs aspects doivent être guidés par des considérations éthiques et environnementales aussi bien en ce qui concerne l’organisation que le déroulement. Malheureusement,  tel n’est pas le cas en ce qui concerne ces jeux russes.

Nombreuses sont les célèbres multinationales engagées dans le sponsoring  : des structures comme Coca-Cola, Samsung, Panasonic, McDonald’s, Dow Chemical… sont ainsi partenaires à ces jeux dont le marketing est évalué à près 1,3 milliards de $ pour des contrats compris entre 110 et 180 millions de $.

Pour favoriser des jeux propres, le Comité International Olympique (CIO) a tendance à remettre des « prix de la durabilité » à des partenaires qui se seraient illustrés par une innovation environnementale ou sociale. C’est ainsi que Coca-Cola s’est vue recompense par l’installation de 1000 réfrigérateurs éco-friendly, McDonald’s s’est illustré par le recyclage de plus de 50% des huiles de cuisson en carburant, etc.

 Si ces initiatives semblent bonnes, il faut toutefois noter la récompense de la Compagnie de chemins de fer russe RZD qui a mis en place le combiné rail-route et dont la construction a pourtant été très critiquée, autant sur la question de l’attribution du marché que sur les conditions de travail des employés . De même, le fabricant d’équipements chimiques Dow Chemical s’est vu félicité par le CIO de Sotchi pour ses solutions permettant des substantielles réductions de gaz à effet de serre. On oublie pourtant que le Groupe est mis en cause dans l’accident de Bhopal en Inde, lequel a fait 25 000 victimes en 1984.

A côté, les conditions de travail des ouvriers qui ont travaillé sur les chantiers ne sont pas dénoncées par le CIO malgré les nombreuses alertes lancées par les ONG de protection des droits de l’homme.

En fait, il faut dire que ce silence est bien récompensé par les entreprises. Les JO restent un business sûr et le CIO en a conscience. Par exemple, après avoir sponsorisé les JO de Londres en 2012, le Groupe Procter & Gamble (Duracell, Gillette) a estimé à plus de 500 millions de $ ses ventes additionnelles liées au sponsoring des Jeux. De quoi fermer les yeux au CIO, lui qui pourtant est censé être le gardien des jeux…

Source: http://www.novethic.fr/novethic/rse_responsabilite_sociale_des_entreprises,politique_developpement_durable,rse,pas_medaille_responsabilite_sociale_pour_jo,142119.jsp

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