Vers une future fabrication de pneumatiques en pissenlit ?

Pour fabriquer des pneus plus écolos, l’institut allemand Fraunhofer IME de biologie moléculaire et d’écologie appliquée fabricant de pneumatiques Continental travaillent sur la mise au point d’un pneu à base de pissenlit. 

 pneus en pissenlit

La gomme d’un pneu est constituée en grande partie de caoutchouc à base d’hévéa, arbre tropical. La Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie, représentent près des trois quarts de la production de ce caoutchouc naturel. Le caoutchouc à base d’hévéa représentait, en 2009, 45% de l’offre de caoutchouc, derrière la fabrication synthétique de caoutchouc à base de pétrole.

Le caoutchouc naturel est en soit écologique, car il est renouvelable, mais l’hévéa ne pousse que dans les pays tropicaux, et une pousse d’hévéa nécessite une croissance de 7 ans avant qu’elle ne devienne productive. Le champignon microcyclus est également un danger pour l’industrie du caoutchouc naturel car il freine la croissance des feuilles de l’hévéa et finit par tuer l’arbre.

D’autres alternatives à l’hévéa pour la fabrication de caoutchouc naturel ont déjà été trouvées, comme une plante originaire du Mexique, le guayule, mais le procédé de récolte et d’extraction du latex est complexe, et cela a freiné son exploitation à grande échelle jusqu’à peu. Depuis quelques années, la fabrication de caoutchouc à base de guayule suscite un regain d’intérêt des industriels, cette plante étant peu exigeante, affectionnant les climats arides et semi-arides.

Mais l’hévéa et le guayule ne tolèrent pas le climat continental, et l’Europe est donc intégralement dépendante d’autres Etats pour la fabrication de caoutchoucs naturels (hévéas) et synthétiques (pétrole).

C’est dans ce contexte que l’institut allemand Fraunhofer et le manufacturier Continental ont commencé à travailler en octobre 2013, à Münster en Allemagne, sur la fabrication de pneus à base de pissenlit. Le caoutchouc au pissenlit présenterait les mêmes caractéristiques que le caoutchouc à l’hévéa.

Si plus de 1.200 espèces de pissenlit existent dans le monde, c’est le Taraxacum kok-saghyz, variété russe, qui a été choisi pour son fort rendement de jus de pissenlit, nécessaire à la fabrication de caoutchouc.

L’intérêt majeur de ce projet est de diversifier les sources d’approvisionnement, ce pissenlit caucasien poussant sous un climat continental. L’Europe pourra ainsi avoir sa propre production de caoutchouc, et être moins dépendante de l’hévéa ou du pétrole.

Les émissions de CO2 seront également réduites, simplifiant les schémas de production puisque les fabricants de pneumatiques européens n’auront plus à importer la matière première jusqu’à l’autre bout du monde par avion ou par bateau.

Les premiers prototypes seront réalisés dans un délai de 5 ans, et, si l’institut Fraunhofer et le manufacturier Continental estiment rentable la fabrication de pneumatiques à base de pissenlit, leur commercialisation pourrait démarrer dès 2018.

Sources :
Wort.lu, “Bientôt des pneus à base de pissenlit”, 15 octobre 2013
Adoptezuneordure, “Du jus de pissenlit dans vos pneus!”, 16 octobre 2013
Science&Vie, janvier 2014, “Des pneus… en pissenlit !”, C.H.

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