L’espace, une décharge à Terre ouverte

Le film “Gravity” est un succès évident, avec plus de 580 millions de dollars de recettes au box-office fin novembre. Mais plus qu’une fiction, ce film vient mettre en lumière une problématique réelle qui inquiète depuis longtemps les acteurs spatiaux.

déchets spatiaux

La 6ème conférence européenne sur les débris spatiaux, qui s’est tenu du 22 au 25 avril 2013 au Centre européen d’opérations spatiales de l’ESA (European Space agency), concluait déjà à l’augmentation rapide des risques liés aux débris spatiaux. Débris spatiaux provenant de satellites, de fusées, ou des objets laissés par les astronautes.

Mais ces débris augmentent le plus rapidement par l’effet de dislocation et de collision en chaîne. C’est le consultant de la NASA Donald J. Kessler, qui envisageait, en 1978 déjà, le scénario d’un seuil de débris spatiaux tel que la collision entre eux augmenterait encore de façon exponentielle leur nombre.

En 4.900 lancements depuis 1957, on recense 23.000 débris de plus de 10 cm, 300.000 de 1 à 10 cm, et plus de 35 millions de débris qui sont supérieurs à 1 mm. Et qu’importe leurs tailles, ces débris, dont la vitesse standard est de 50.000 kilomètres par heure, représentent un véritable danger pour les satellites fonctionnels et les futurs lancements. Un satellite de communication américain fonctionnel a d’ailleurs heurté, en 2009, un satellite russe hors service.

Ce danger est concret, puisque l’homme vit aujourd’hui par l’espace, avec les GPS, les télécoms, internet, le suivi du réchauffement climatique… 100 milliards de dollars, c’est le prix du lancement et du maintien en orbite des 1.000 satellites environs qui sont encore opérationnels.

Le syndrome de Kessler prévoit qu’au-delà d’un certain seuil de déchets spatiaux, et en attendant qu’ils se désagrègent dans l’atmosphère, l’homme serait piégé sur Terre pendant plusieurs générations, l’exploration spatiale ainsi que l’envoi de satellites lui étant devenu impossible.

De plus en plus d’études sont lancées pour contrecarrer cette menace, comme l’initiative Espace Propre de l’ESA, mais les solutions tardent à venir.
Actuellement, soit les satellites peuvent être “désorbités”, précipités dans l’atmosphère, soit ils sont placés sur des voies de garages, là où ils ne gêneront pas l’orbite de nouveaux satellites. Mais en plus de repousser le problème, cette dernière solution prive les hommes de matières premières rares qui disparaissent purement et simplement des ressources de la planète.

Parmi les projets actuellement en étude, Electro Optic Systems, une entreprise australienne, propose d’utiliser des lasers, placés sur Terre, pour suivre la trajectoire et la vitesse des débris à partir d’un millimètre.
Astrium, filiale d’EADS spécialisée dans les services spatiaux, étudie la possibilité de récupérer les gros débris grâce à des véhicules spatiaux à partir de 2020. Ces véhicules permettraient, grâce à un bras robotisés, de faire redescendre les débris dans l’atmosphère.
L’agence spatiale allemande (DLR) s’intéresse aussi aux techniques d’harponnage ou de déploiement d’un filet.

D’autres solutions sont proposées, comme le lancement de panneaux d’aérogel dans l’espace ou le déploiement de mousse pour arrêter les petits débris, mais elles tarderont à être mises en pratique, et la quantité de débris va continuer d’augmenter.
Espérons que l’homme ne soit pas devenu claustrophobe trop tard…

Sources :
– Science et avenir, “La pollution spatiale plus inquiétante que jamais”
– Slate, “Les satellites européens noyés sous les déchets”
– Slate, “DÉBRIS SPATIAUX: QUI VA FAIRE LE MÉNAGE DE L’ESPACE?”,  Michel Alberganti
– L’express, “Espace poubelle: l’heure du tri sélectif”, Bruno D. Cot

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