Stockage et le Port aux pétroles de Strasbourg

Le port aux pétroles de Strasbourg est un ancien élément d’approvisionnement pétrolier en Alsace installé en bordure du quartier maraîcher. Quels changements subi par cette structure représentent une menace pour les habitants de la Robertsau, ainsi que pour l’environnement naturel ?

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En janvier 2013, la société Rubis a repris la branche d’activité stockage de la société Petroplus de la Raffinerie de Reichstett dont la capacité de stockage est très supérieure à celle du port aux pétroles (PAP).

Tout indique que le plus important stockeur anticipe l’évolution de l’environnement économique et juridique du PAP.

RUBIS, est un opérateur international indépendant spécialisé dans l’aval pétrolier et chimique, il opère dans le stockage de produits liquides industriels (produits pétroliers, chimiques et agro-alimentaires) à travers sa filiale Rubis Terminal et la distribution de GPL (butane et propane) et de produits pétroliers à travers sa filiale Rubis Energie.

La situation tendue autour du PAP ne pourra, sans doute, être résolue qu’après une longue concertation. La défense des intérêts souvent contradictoires des différents acteurs est légitime. La DREAL et la CUS tentent de maintenir le statu quo, en ayant pleine conscience des conséquences provoquées par les solutions brutales.

Cependant, la procédure d’approbation du PPRT, en révélant les risques réels encourus par la population riveraine, a mis les responsables administratifs et politiques devant leurs obligations respectives, la protection des personnes et des biens pour l’Etat dans ses compétences régaliennes, l’élaboration d’un projet sur le devenir du PAP pour la CUS.

Les habitants de la Robertsau, aujourd’hui bien informés des risques, et conscients des contraintes qui pèsent sur leur quartier en terme d’aménagement, restent très partagés, avec d’un côté les risques pour leur vie et leur santé, mais aussi de fortes contraintes en matière de développement immobilier, ils s’interrogent sur son devenir et n’ignorent plus que des changements importants sont prévisibles.

Pour les entreprises installées sur le PAP, le PPRT est une fenêtre sur leur activité, ce qui les oblige à rendre des comptes dans la plus totale transparence. Et cela a un coût.

Dans un marché pétrolier en pleine mutation technologique, économique et politique,  les contraintes, de plus en plus fortes en matière de sécurité, les difficultés de plus en plus onéreuses d’organisation interne pèsent lourdement sur le bilan,. Il faut noter le problème particulier du gazole en France.

Les stockeurs du PAP sont soumis aux aléas du marché pétrolier, comme la volatilité croissante du prix et la baisse de consommation des combustibles fossiles, mais aussi et surtout  la mise en œuvre de nouvelles raffineries dont la capacité de production est hors de proportion avec les actuelles raffineries européennes. Effectivement les groupes pétroliers préfèrent focaliser leurs investissements sur les marchés émergents.

La crise économique n’est pas la seule raison de cette fuite. La réglementation drastique européenne est un puissant moteur de délocalisation. L’Inde, l’Arabie Saoudite et la Côte d’ivoire prennent le leadership de la production.

Le stockage nécessite une nouvelle approche de la part de l’Europe.

Dans cette équation, le stockage devient un véritable marché. Les infrastructures de stockage des raffineries existantes disponibles et importantes, adaptables à court terme et à faible coût, offrent un nouvel horizon économique.

Concernant le PAP, qui n’a aucune capacité de développement, il ne pourra pas maintenir sa part de marché face à Reischtett dont la capacité de stockage couvre largement les besoins du Grand Est.

Diminution du trafic de produits pétroliers par bateaux dans le PAP. 

Selon les données statistiques de PAS, un pic du trafic pétrolier par bateaux a été observé juste avant la fermeture de la Raffinerie de Reischetett en 2010 (2 670 000 tonnes). Avec un résultat de 1 564 000 tonnes de produits pétroliers dans la période 2010-2012 on peut constater une baisse de 42% de trafic dans le PAP.

Seuls le Gas oil( +35%) et le Fioul domestique ( + 18%) ont connu une croissance.

La croissance des autres produits pétroliers reste négligeable face au gas-oil moteur et au fioul domestique représentant à eux seuls 90% environ des produits transportés en 2012.

A noter que le transport de gas-oil a presque doublé à partir de 2010. Les sorties ont été faites essentiellement par la route.

Cependant, la tendance de a consommation est à la baisse, 2-4% par an, pour ces deux produits depuis 2006- 2007, et la part du PAR diminue dans le marché régional.

Par exemple en 2008, 595 000 tonnes de gazole ont transité par le PAP, alors que la consommation était 931 000 tonnes.

Les derniers chiffres statistiques de la consommation s’arrêtent en 2009.

Il n’est donc pas possible de vérifier la conformité entre la consommation du gazole en Alsace et l’approvisionnement par le PAP.

Un autre phénomène intéressant obseré dans la structure du trafic c’est la baisse permanente de sorties des produits pétroliers par bateaux, qui représentait 44% du trafic de gazole encore en 2008.

En 2012, il n’est plus que de 5% du trafic.

On peut émettre l’hypothèse que le marché du PAP se réduit de plus en plus à l’agglomération strasbourgeoise, et que la distribution se fait par la route.

La capacité cumulée de stockage du PAP et du nouveau terminal de Reichstett atteint 920 000 m3 à l’horizon 2016, soit 790 000 tonnes des produits pétroliers. Cela correspond à 59% du trafic pétrolier annuel par bateaux du PAP en 2012. Il semble donc que la capacité de stockage soit très supérieure au besoin.

 Remarques :

  • Il n’existe pas de statistiques fiables sur la situation réelle des activités pétrolières du PAP.
  • L’élaboration d’un schéma directeur ambitieux du PAP paraît indispensable, sa position sur le Rhin étant très favorable et donc potentiellement riche en projets.
  • Les entreprises du PAP ont certainement pris la mesure des contraintes et des risques que leur activité apporte à l’environnement urbain.

 Cependant, leur éventuelle décision de départ du site, implique démantèlement et dépollution, soit un coût élevé.

C’est donc à l’initiative de la Collectivité que les entreprises s’engageront dans le débat de leur présence sur la PAP.

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