Comment l’Allemagne gère sa transition énergétique…

L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima aura eu bien plus de répercussions que l’on aurait imaginé : en effet, quelques mois après le terrible séisme qui a frappé le Japon le 11 mars 2011, l’Allemagne se prononçait pour la sortie du nucléaire pour l’horizon 2022. Depuis cette prise de position, deux années auront passé. Où en est alors le géant européen dans cette difficile transition ?

  La première leçon qu’il y a lieu de retenir dans ce genre de situation, c’est qu’il ne faut     jamais prendre de telles décisions sur un coup de sentiment. Tel n’était pas entièrement le cas de l’Allemagne puisque cette décision était aussi politique. En effet, il s’agissait pour Angela Merkel non seulement de rallier à elle une opposition écologique montante, mais aussi de traduire la volonté d’une grande majorité de la population allemande. Selon un sondage, les Allemands sont plus de 80% à se déclarer favorables à cette sortie du nucléaire.

Concrètement, sur le plan financier, la facture est lourde. Le ministre allemand de l’écologie estime à environ 1000 milliards d’euros cette transition, laquelle doit se matérialiser par un recours massif aux énergies renouvelables (80% des sources d’énergie) d’ici à 2050. Pour l’instant, ce sont les ménages qui paient cher : le prix de l’électricité en Allemagne est le plus cher de l’UE après celui du Danemark (0,27 c€ le kWh en fin 2012). C’est presque deux fois le prix du kWh en France (0,15 c€).

Sur le plan écologique, l’Allemagne qui représentait un modèle en termes d’émissions de gaz à effet de serre est maintenant montrée du doigt. Avec l’arrêt progressif du nucléaire (qui représentait le ¼ de la production d’électricité du pays), le pays a recours de plus en plus au charbon. Résultat : les émissions de CO2 ont augmenté de 2% en 2012. Le recours aux énergies renouvelables a lui aussi des effets nauséabonds. En effet, avec le solaire et l’éolien, le pays produit finalement plus d’électricité qu’il n’en consomme, et comme cette électricité ne peut être stockée, elle est perdue sous forme de chaleur.

Au final, ce sont surtout les industriels qui font entendre leur mécontentement, eux qui n’ont pas été favorisés en termes de subventions. L’envolée des coûts alliée à la faiblesse de la demande d’équipements et à la concurrence chinoise aura eu raison de milliers d’emplois dans le secteur.  Du côté de l’UE, la grogne monte aussi. Dans un système d’interconnexions énergétiques, beaucoup de pays auraient souhaité une concertation commune plutôt qu’un cavalier seul allemand.

Cela fait beaucoup de fumée noire pour une transition qui se voulait écologique…

Ibrahim OUATTARA

Sources : http://www.lepoint.fr/environnement/l-allemagne-geant-vert-pale-de-la-transition-energetique-20-09-2013-1733570_1927.php

Mots clés : transition énergétique, énergies renouvelables, émissions de gaz à effet de serre…

 

 

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