Le projet WINFLO : le développement d’une filière française de l’éolien offshore flottant

A l’occasion de la convention internationale des énergies marines renouvelables, THETIS EMR, qui s’est tenue les 10 et 11 avril derniers à Brest, les entreprises françaises DCNS et Nass & Wind ont annoncé l’installation de la première éolienne flottante française en 2014 au large du Croisic (Loire-Atlantique).

L'éolienne WINFLO sur le salon Thélis

Après la Norvège et le Portugal, la France est le troisième pays européen à se lancer dans le développement des éoliennes flottantes à travers le projet WINFLO.

WINFLO a été labellisé par le pôle de compétitivité “Pôle Mer Bretagne” en 2008 et a été l’un des cinq premiers projets financés par le gouvernement français dans le cadre des investissements d’avenir. Il s’agit d’une éolienne flottante offshore de grande puissance (5MW) destinée à être implantée sur des zones dont la profondeur dépasse les 50 mètres.

Les modèles commercialisés, dès 2016 pour les préséries, (80m de haut pour 2 pales de 30m de long) reposeront sur une plateforme semi-submersible métallique, lestée et ballastée. La nacelle et le flotteur sont développés conjointement et optimisés pour la production d’électricité, avec des garanties maximales en matière de fiabilité et de longévité.

La mise en place d’une filière :

Pour parvenir aux objectifs fixés par le “paquet-climat-énergie 2020”, la France a notamment choisi de développer une filière prometteuse : l’éolien offshore. Nous aurions tort de nous en passer tant son potentiel énergétique, estimé à 90 térawattheures (TWh) par le magazine Windpower Monthly, est grand sur notre territoire. Pour certains experts, il s’agit même du deuxième plus important d’Europe.

La mise en production de WINFLO et sa commercialisation contribueront au développement d’une filière industrielle française compétitive et originale avec comme enjeu un déploiement des éoliennes flottantes à l’international. À l’heure où les énergies renouvelables ont le vent en poupe et que le chômage explose, certains chiffres avancés par les porteurs du projet sont prometteurs : selon Nass & Wind Industrie “la construction des turbines pourrait générer 5.000 nouveaux emplois, dont 1.000 directs”. Grâce aux éoliennes flottantes, de nouvelles zones maritimes pourront être mises à profit pour produire une électricité verte, au point de multiplier par trois les opportunités de marché par rapport à l’éolien conventionnel.

La rapidité avec laquelle ces éoliennes seraient produites et installées est également séduisante. Si tout se passe bien, une première ferme composée de ces turbines offshore dites de deuxième génération, accompagnées de leurs bases flottantes, pourrait être opérationnelle d’ici 2020, au large de l’île de Groix (Morbihan). Comme le souligne le directeur de la stratégie de Nass & Wind, M. Stéphane JEDREC, “l’ambition n’est pas juste de faire un projet de Recherches et Développements ; nous nous sommes structurés pour pouvoir engager dès maintenant les travaux nécessaires pour le développement de la partie industrielle et pour une industrialisation des parcs commerciaux”.

Les avantages des éoliennes flottantes :

Les éoliennes actuelles doivent être fixées sur les fonds marins. Or, une telle opération ne peut se faire au-delà de 50 m de profondeur, ce qui restreint le nombre de sites pouvant accueillir ces structures. Les atouts des éoliennes flottantes sont nombreux :

Ces dernières peuvent être installées plus loin en mer, là où les vents sont plus forts et plus réguliers. Le président du Syndicat des énergies renouvelables, M. Jean-Louis BAL, indique “qu’au-delà de 30 à 40 mètres de profondeur, le coût de l’installation d’une éolienne en mer classique n’est plus viable économiquement, tandis que les éoliennes flottantes, elles, pourraient être installées jusqu’à 200 mètres de profondeur”.

Les éoliennes seront ancrées de manière souple par un système de câbles. Leur installation dégraderait moins les fonds marins que la pose d’une plateforme sous-marine conventionnelle. L’absence de base bétonnée ou métallique signifie également que le démantèlement d’un parc laissera peu de traces dans la nature.

Étant éloignées de la côte, les éoliennes flottantes permettraient par ailleurs de réduire leur impact visuel et ainsi d’être mieux acceptées par la population.

Sources : www.nassetwind.com ; www.emr-paysdelaloire.fr ; ADEME ; Pole Mer Bretagne ; Windpower Monthly

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