Attaques de requins : et si la mer tirait la sonnette d’alarme ?

Depuis quelques années déjà, les autorités constatent une augmentation du nombre d’attaques de requins et ce de plus en plus près des rivages. En effet, 79 attaques de requins ont été dénombrées en 2012 dans le monde, dont 6 mortelles, représentant une hausse de 25% des accidents par rapport à 2009. D’habitude plutôt attirés par les surfeurs qui pouvaient s’éloigner des côtes,  ils se retrouvent à attaquer n’importes quels baigneurs. Rappelons les derniers faits. Le 15 juillet dernière une jeune vacancière s’est faite attaquée par un requin sur l’île de la Réunion ; le squale a alors happé la jeune fille avant de partir avec une partie de son corps. Pourtant, selon Gina Hoarau, directrice de la sécurité publique de Saint-Paul, « les conditions de cette attaque sont surprenantes. On ne pensait pas qu’un requin pouvait venir si près de la côte ». A côté de cela, l’homme tue tous les ans des milliers de requins, alors ces squales se vengent –ils ?

Malgré l’essor du tourisme, la multiplication des baigneurs et des surfeurs n’est pas la cause principale d’attaques. En effet, les principales sources seraient environnementales. La première serait due à l’augmentation des températures de la mer engendrée par le réchauffement climatique. Konstantin Zgourovski du WWF Russie précise qu’il « est fort probable que les attaques des requins anthropophages dans les endroits où l’on ne les rencontrait pas auparavant sont liées au changement climatique, plus précisément à la migration de leurs proies habituelles vers le Nord ». En 2009, le Rosguidromet (Services météorologiques russes) avait constaté que la température moyenne en Russie avait augmenté de 1,1 °C depuis ces dix dernières années, ce qui correspond alors une augmentation supérieur à la moyenne mondiale.

De plus, la raréfaction des ressources en nourritures, résultant d’une forte activité humaine de pêche, pousse les requins à se rapprocher de plus en plus des plages pour pouvoir se nourrir, selon le spécialiste égyptien de l’environnement, Magdi al-Alwani. Se rajoute à cela, une destruction des milieux de vie des animaux ainsi que des barrières de corail protégeant les côtes des prédateurs. Cela a alors pour conséquence d’entrainer un déséquilibre de la chaine alimentaire. Ainsi, Roland Troadec, premier vice-président du Conseil scientifique de la réserve marine de la Réunion, affirmait que depuis les années 70  « les chasseurs, par leurs prélèvements ciblés et répétitifs ont déséquilibré la chaîne alimentaire du lagon et participé à sa mauvaise santé se rendant ainsi grandement responsables de la présence des bouledogues aujourd’hui ».

Ainsi, les attaques de requins ne seraient que le résultat du dérèglement climatique et environnemental provoqué par l’homme. Et malgré la psychose provoquée par les dernières attaques certaines ONG telles que Sea Shepherd tentent de préserver le requin dans son milieu naturel et rappellent que nombres d’espèces de requins sont menacées d’extinction. De plus, Robert  Calcagno , directeur de l’Institut océanographique Fondation-Albert-Ier-Prince-de-Monaco, précise que le moustique tue 800 000 fois plus que le requin. Finalement, même si la dangerosité de l’animal est avérée, ne serait-il pas uniquement victime de la psychose qui l’entoure depuis « Les Dents de Mer » ?

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