L’E-commerce favoriserait-il le développement durable ?

La pratique de l’achat sur internet ne cesse de se développer. Les informations mettant en lueur le parallèle E-commerce et environnement sont toujours rares, souvent floues et morcelées. Cependant nous disposons tout de même de quelques éléments d’appréciation.

L’E-commerce favoriserait la diminution des gaz à effet de serre :

L’E-commerce serait, selon une étude réalisée par Estia pour le compte de la Fevad, un véritable atout pour l’environnement.

Cette étude de 2009 portait sur 5400 livraisons de produits commandés sur Internet qui ont fait l’objet d’une analyse et d’une comparaison avec les déplacements qui auraient normalement été nécessaires pour se les procurer dans le circuit classique de distribution.

En moyenne, les achats sur Internet permettraient d’économiser 10,09km par livraison. De plus la part de déplacements à pied est plus élevée dans le modèle e-commerce de par le fait que l’on peut se faire livrer nos produits dans un « dépôt relais » situé prés de chez soi.

Ce nouveau mode d’achat, se traduisant par une réorganisation des déplacements des particuliers, pourrait donc constituer une opportunité sérieuse de se rapprocher de l’objectif « facteur 4» du Grenelle de l’environnement, soit la division par 4 des émissions françaises de gaz à effet de serre à l’horizon 2050.

Encore faudrait-il que les sites des E-commerçants annoncent clairement ce principe ; mais il ne faudrait pas que les E-commerçants négligent le point essentiel, qu’est le choix du lieu de la livraison. En effet, il est encore possible de réduire les émissions de gaz à effet de serre si l’on se fait livrer prés de chez soi et que l’on se déplace à pied.

La prise en compte des déchets :

En ce qui concerne les déchets, il est certain que de prime abord l’achat via des sites d’E-commerce en engendrera plus, ne serait-ce que du fait de l’emballage de la commande. En effet entre l’emballage des produits, le colis et les prospectus, on arrive vite à une quantité non négligeable de déchets.

Cependant, et afin d’améliorer leur image, les E-commerçants commencent à proposer aux consommateurs le choix du conditionnement lors de leurs achats : boite, sac en plastique…

Ceci est une évolution pouvant contribuer à la diminution de l’empreinte carbone des E-commerçants et qui encore être améliorée par la possibilité laissée aux consommateurs du choix des compléments annexes (prospectus, offres spéciales, échantillons.)

Les « green  labels » utilisés par les E-commerçants.

Outre les labels existants tels que « ecoflower » ou « carbon neutral », certains e-commerçants proposent ceux qui leurs sont propres (« consoresponsable » proposé par la chaîne d’hyper marché E.Leclerc). Les consommateurs se trouvent ainsi confrontés à une masse de label.

De plus certain e-commerçants adhérent à des organisations telles que « ecosystems» afin de recycler leurs déchets.

Utilisé à mauvais escient un label à consonance « Green »,  juste pour l’affichage, serait contreproductif pour l’entreprise. En effet les consommateurs soucieux de  l’environnement sont sensibles à la qualité de l’information proposée par les E-commerçants et donc aux « labels » qu’ils utiliseront.

La RSE chez les E-commerçants 

La responsabilité sociétale (ou sociale) des entreprises (RSE) est un « concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités ».

Chez les E-commerçants cette RSE, se retrouvera très régulièrement dans les rubriques de leurs sites tels que « nos engagements » ou « responsabilité sociale de la société ».

Ces engagements pourront également faire ressurgir une dimension sociale, à savoir la participation de la société à des œuvres caritatives, comme par exemple la société Asos qui s’engage auprès de plusieurs associations.

Mais, pour que les consommateurs soient sensibles à ce type d’engagements il faut qu’ils soient clairement énoncés, et qu’ils n’aient pas à passer énormément de temps lors de la recherche de ces informations.

Conclusion et pistes d’amélioration possible

Avec l’utilisation d’Internet, les E-commerçants ont à leurs disposition un outil indéniable qui peut aussi bien servir leurs intérêts que ceux de la planète, encore faut -il que ces derniers s’en servent à bon escient.

Une clarification des « labels » utilisés par les E-commerçants nous apparaît sans mal comme étant l’axe prioritaire de réflexion.

Le développement durable ne doit pas passer pour du Green Washing, car tôt ou tard la vérité éclate et les conséquences peuvent alors être désastreuses pour la société.

Une politique solide en matière de RSE est un argument indéniable du mix-marketing d’une société, il faudrait donc qu’elle soit mise en avant de façon claire et précise.

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