Les déchets plastiques dans les océans et les lacs néfastes pour l’environnement et les écosystèmes

90 % des déchets maritimes sont constitués par des plastiques. Le sel, les courants marins et la lumière du soleil les dégradent en les fractionnant en microfragments. Ce qu’on appelle communément le “7e continent de plastique”, est en réalité « une multitude de micro-plastiques, d’un diamètre inférieur à 5 mm, en suspension à la surface ou jusqu’à 30 mètres de profondeur, difficiles à voir de loin. Mais quand on puise dans l’eau, on en remonte une quantité impressionnante. » Explique François Galgani, océanographe et chercheur spécialiste des déchets à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). L’image d’un continent sert uniquement à sensibiliser le grand public.
On estime que 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, dont près de 10 % finissent dans les océans.
Cette pollution se concentre sur cinq grands bassins océaniques, au sein du Pacifique Nord, mais aussi du Pacifique Sud, de l’Atlantique Nord et Sud et de l’océan Indien.

7eme continent

Source : Le Monde Planète

Ces zones se distinguent par la rencontre de courants marins qui, sous l’influence de la rotation de la Terre, s’enroulent dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord, et en sens inverse dans l’hémisphère sud, et forment ainsi d’immenses vortex appelés gyres océaniques. Tous les détritus qui flottent sur l’eau sont aspirés alors lentement vers le centre de la spirale, où ils s’agrègent.
La plaque de déchets la plus importante ce trouve au centre de la gyre du Pacifique Nord (elle aurait six fois la taille de la France). L’ONG, Algalita Marine Research Foundation [1], a dénombré 334 271 fragments de plastique par km2 en moyenne dans cette zone de 3,4 millions de km2. Cette zone est surnommée le “Great Pacific Garbage Patch”[2]. (“La grande poubelle du Pacifique”).
Les océans ne sont malheureusement pas les seuls touchés: Une équipe de chercheurs de l’université du Wisconsin Supérieur vient de présenter des résultats assez inquiétants lors de la 245ème réunion annuelle de l’American Chemical Society. Il y aurait entre 1 500 et 1,7 million de particules plastiques par mile carré (2,6 km2) dans les Grands Lacs nord-américains [3].
La Méditerranée n’est pas non plus épargnée. Si aucun gyre permanent n’y existe, des tourbillons ponctuels et d’importants rejets des Etats côtiers entraînent aussi une accumulation de détritus. En 2010, l’expédition MED [4] évalue à une moyenne de 115 000 particules par km2 les déchets qui contaminent la mer.

Atteintes à la faune et à la flore marines

Ces plastiques constituent une menace pour une large partie de la faune marine: leurs ingestions entrainent des conséquences graves : intoxications, empoisonnements, occlusions intestinales, suffocations ou noyades. Sans oublier les tortues qui s’étouffent avec les sacs plastiques, qu’elles prennent pour des méduses. Quant aux plus gros déchets,  ils causent blessures, infections ou mutilations.
Ces plastiques en se dégradant dégagent des substances qui sont toxiques pour l’ensemble de la chaine alimentaire et peuvent ainsi créer un déséquilibre des écosystèmes.

Peut-on nettoyer les océans des déchets plastiques ?

Plusieurs organismes travaillent sur la question depuis plusieurs années. Citant le projet Kaisei [5], lancé en 2009 pour nettoyer la “plaque” du Pacifique Nord. De même, depuis 2008, The Clean Oceans Project [6], qui a débuté en 2008 et le dernier, à l’étude depuis deux ans, The Ocean Cleanup Array [7] qui vise à retirer des eaux 7,25 millions de tonnes de plastique.
Tous ses projets sont encore en phase d’étude ou de prototypage.«Toutefois, ces déchets sont tellement difficiles à ramasser qu’il est peu probable que ces projets trouvent les financements nécessaires», assure François Galgani. Et comme ces déchets se trouvent en dehors des Zones économiques exclusives [8], il y a très peu de chance que les états en assume la responsabilité et le coût.
En attendant « l’essentiel est surtout de réduire la quantité de déchets produite, en limitant la consommation d’emballages, en les recyclant et les réutilisant au maximum et en recherchant d’autres alternatives, comme des plastiques biodégradables ou compostables, du papier ou de l’aluminium. » confirme Marieta Francis, directrice exécutive de l’ONG Algalita Marine Research Foundation.
A suivre….

[1] Algalita Marine Research Foundation
[2] Great Pacific Garbage Patch
[3] Les Grands Lacs “plastiqués”
[4] expédition MED
[5] project Kaisei
[6] The Clean Oceans Project
[7] The Ocean Cleanup Array
[8] Zones économiques exclusives

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

This website stores some user agent data. These data are used to provide a more personalized experience and to track your whereabouts around our website in compliance with the European General Data Protection Regulation. If you decide to opt-out of any future tracking, a cookie will be set up in your browser to remember this choice for one year. I Agree, Deny
752