La transition énergétique allemande

Alors que la France lance son débat sur la transition énergétique, l’Allemagne fait figure de modèle en Europe dans le développement des énergies renouvelables. Loin de vouloir ériger ce pays en exemple parfait, regardons juste de plus près les points forts de nos voisins qui tiennent en grande partie à la réussite de leur conversion énergétique.

Une position claire face à l’avenir : l’Allemagne a fait le choix de sortir du nucléaire en 2022 et veut s’affranchir des énergies fossiles d’ici à 2050. Cet ambitieux programme, certes, contesté voire jugé irréaliste, a le mérite d’être clair et de proposer une vision sur le long terme. En France, nous attendons un vrai débat sur le nucléaire et une feuille de route pour atteindre l’objectif fixé par le président de la République : réduire à 50% la part du nucléaire dans la production électrique française à l’horizon 2025. A l’heure actuelle, la production d’énergie primaire est à 83% de l’énergie nucléaire.

Un mix énergétique très diversifié : la sortie du nucléaire annoncée ne s’est pas faite sans dénonciation d’un coup politique démagogique et sans la critique d’un retour forcé au charbon alors que, paradoxalement, le pays doit en même temps réduire de 80 à 95% ses émissions de CO2 d’ici à 2050. Ce point sensible dans le débat est contrebalancé par les avantages d’un mix énergétique diversifié pour la production d’électricité, lignite (25,6%), houille (19,1%), nucléaire (16%), gaz naturel (11,3%)…et qui accorde une large place aux énergies renouvelables avec près de 22%.

Un développement massif des énergies renouvelables : seul leur développement garantit une sécurité d’approvisionnement en énergie. L’Allemagne compte 31 000 MW installés en éolien et 32 000 MWc en photovoltaïque. Le prochain objectif est d’atteindre les 38,6% d’énergies renouvelables dans la production d’électricité en 2020 ; part qui semble déjà pouvoir être largement dépassée. Mais ce développement pourrait être ralenti à l’avenir par le manque évident d’investissements dans le réseau électrique. Les sites de production les plus performants et les futurs parcs offshores sont situés au nord, mais les lignes de transport manquent pour acheminer l’électricité ver le sud du pays.

L’appropriation citoyenne de la transition énergétique : la décentralisation de l’énergie est au cœur des ambitions citoyennes du moment qui rêvent, par la même, d’une démocratie participative centrée sur les réels intérêts économiques des territoires. Ainsi, il y a 586 coopératives en Allemagne qui permettent de produire de l’électricité localement en utilisant différentes sources d’énergies renouvelables en associant sous la forme un homme, une voix, des citoyens qui souhaitent revaloriser économiquement leur région et créer de la richesse locale. Il existe, par exemple, e nombreux paysans qui se sont unis pour financer l’implantation d’une éolienne ou d’une unité de biogaz. En France, ce même phénomène tant à se développer de plus en plus, mais l’avantage côté allemand reste certainement la prise de conscience écologique globale des citoyens depuis des décennies et qui n’est plus à démontrer.

La prochaine étape reste certainement de trouver une voix de sortie du compromis sur le charbon. Il n’y a pas encore d’unité des partis politiques à ce sujet mais le débat est inévitable car le développement fulgurant des énergies renouvelables remet de plus en plus en question la construction actuelle de ces centrales traditionnelles et leur rentabilité économique. Il faudra donc être attentif à la tournure des prochains débats énergétiques qui auront lieu lors de la campagne législative de septembre 2013.

Source : Le journal des énergies renouvelables, « Allemagne transition ou révolution ? », mars-avril 2013.

 

 

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