Après les gaz de schiste, voici les hydrates de méthane

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Le 12 mars dernier, des chercheurs japonais ont réussi, pour la première fois, à extraire des fonds sous-marins du gaz d’hydrate de méthane. Cette ressource énergétique est présentée comme une opportunité qui pourrait libérer le Japon de sa dépendance énergétique. En effet celui-ci importe 95 % de son énergie depuis l’arrêt de ses centrales nucléaires, suite à l’accident de Fukushima. L’approche retenue pour l’extraction du gaz est la dépressurisation. Cette technique consiste à faire chuter la pression au sein des sédiments pour libérer le méthane(CH4).
Selon certaines estimations mondiales, l’énergie enfermée dans les hydrates de méthane représente plus de deux fois toutes les réserves planétaires conventionnelles de gaz naturel, de pétrole et de charbon combinées. De ce fait ces ressources intéressent de près les états et les industries pétrolières mais elles restent particulièrement difficiles à extraire du fait quelles se trouvent dans les fonds marins. Ainsi plusieurs pays tels que la Russie, les Etats-Unis, le Canada, l’Inde et l’Allemagne ont expérimenté des méthodes de forage et d’extraction de l’hydrate de méthane. Les Russes sont les premiers à extraire des hydrates de méthane dans les années 1970 en Sibérie. Citant, pour exemple, le projet allemand SUGAR qui consiste à extraire du méthane des gisements d’hydrates de gaz dans les fonds marins et d’y stocker en même temps du CO2 nocif pour l’environnement, ainsi que l’accord signé entre la Chine et la Russie avec pour objectif l’exploration puis l’exploitation des ressources de l’Arctique russe qui renferme d’importants réservoirs.
Malheureusement, l’impact environnemental de l’exploitation des hydrates de méthane est plus qu’inquiétant: il peut avoir une influence direct sur le réchauffement climatique.

Qu’est-ce qu’un hydrate de méthane?

Un hydrate de méthane est un mélange d’eau et de méthane. Sous certaines conditions de pression et de température, le méthane est enfermé dans une cage faites de molécules d’eau organisé en réseau cristallin : c’est un clathrate. Appelé familièrement « glace qui brûle » ou « glace de méthane », il peut stocker de très grandes quantité de gaz : la fonte de 1 centimètre cube de cette glace peut libérer jusqu’à 164 centimètre cubes de méthane.

Où trouve-t-on les hydrates de méthane?

Dans la nature, les conditions nécessaires pour que les hydrates soient stables sont réunies en milieu océanique mais aussi à plus faible profondeur dans les régions très froides, comme dans l’Arctique.
La stabilité des hydrates de méthane est obtenue dans des conditions de pression et température précises. Lorsque ces conditions ne sont plus remplies, le gaz est libéré en très grande quantité.
Par exemple, un hydrate de méthane qui se trouve dans les sédiments océaniques par 600 mètres de fond à 7°C est stable; il deviendra instable avec une augmentation de température de moins de 1°C.

Conséquences néfastes sur le réchauffement climatique

L’exploitation d’hydrure de méthane pourrait poser de sérieux problèmes en matière d’effet de serre. En effet, leur combustion émet d’une part du CO2 et en exploitant les hydrates du fond des mers, il est très probable que de grandes quantités de méthane remontent dans l’atmosphère, or le méthane est un puissant gaz à effet de serre, son impact sur le réchauffement du climat est 25 fois plus important que le CO2.
Comme la stabilité des hydrate de méthane est très sensible à la température, on appréhende aussi que le réchauffement climatique prévisible puisse élever la température des fonds marins de telle façon qu’une partie du méthane se libère, ce qui relâcherait énormément de méthane dans l’atmosphère, lequel viendrait à son tour augmenter l’effet de serre et créer un emballement.
Voilà de quoi lancer un nouveau débat, à l’image de celui qui oppose les partisans et les détracteurs du gaz de schiste.

Pour aller plus loin :
Novethic’info: Hydrates de méthane : le nouveau gaz de schiste ?
Décisions durable: Apocalypse sous les mers

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