La forêt amazonienne, conservatrice ou émettrice de carbone ?

Longtemps considéré comme le « poumon » de la terre, la forêt amazonienne a considérablement subi les changements climatiques et anthropiques sur ce dernier siècle laissant sceptique certains scientifiques sur son rôle bienfaiteur.

Riche de ses 5.5 millions de Km², cette forêt équatoriale est un poids lourd dans le rôle de la vie sur terre. Avec une biodiversité unique comprenant des milliers d’organismes vivants, cette réserve naturelle n’a jamais encore été totalement explorée.

Malgré cette beauté apparente, les sécheresses ou inondations des dernières années et la progression de la déforestation pourraient inverser son côté bienfaiteur car la forêt pourrait émettre plus de carbone qu’en stocker.

Deux facteurs expliquent cette montée d’émission du carbone :

  • Lors des inondations ou des périodes de sécheresse intense (stress hydrique), les arbres meurent et libèrent le carbone contenu dans leurs bois. Ce carbone mettra 10 ans à remonter dans l’atmosphère.

  • Lors de la déforestation au profit des terres agraires, la perte sèche de potentiel de stockage et la libération du CO² lors de la coupe alourdissent le bilan des émissions. Par exemple en un demi-siècle, la population de la région de l’Amazonie au Brésil est passée de 6 à 25 millions de personnes, ce qui a entraîné une réduction massive des surfaces forestières au profit de la production de bois et de l’agriculture.

Il est très difficile de mesurer le cycle du carbone à l’échelle planétaire mais une étude menée par RAINFOR, L’INRA et le CIRAD sur 100 sites forestiers indique des données émettrices de carbones en période de crises par la forêt (0,5 T de stockage contre 6 T d’émission). “La biomasse de la forêt amazonienne contient quelque 100 milliards de tonnes de carbone, ce qui équivaut à plus de dix ans d’émissions mondiales de combustibles fossiles”, soulignent les chercheurs.

La forêt est donc au centre de nombreux débats. D’une part, certains souhaiteraient exploiter le potentiel énergétique des fleuves environnants ou sa surface constructible et de l’autre côté, les défenseurs de l’environnement insistent pour stopper son “exploitation”. Ce bras de fer va donc se renforcer à l’annonce de ces résultats d’enquêtes, justifiant les positions des deux camps.

 

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