Le scandale de la viande de cheval : une chance pour les circuits courts ?

 

Alors que l’entreprise Spanghero reste interdite de négoce, on apprend qu’on a trouvé de la viande de cheval en Russie, dans des saucisses importées d’Europe ; au Portugal, dans des produits à base de viande de bœuf, et même dans des boulettes de viande chez Ikea.
Dans ce contexte, le gouvernement français révèle l’existence d’une filière passant par cinq pays au moins : France, Luxembourg, Roumanie, Pays-Bas, Chypre. L’affaire porterait sur 750 tonnes de viande pour plus de 4,5 millions de plats cuisinés vendus dans 13 pays européens.
La vente de plats cuisinés à base de bœuf s’est effondrée avec la méfiance des consommateurs. Le cabinet Nielsen, confirme, dans une de ses études, que les fabricants de plats cuisinés en France ont subi une perte de 3,5 millions d’euros de recettes, sur la période du 11 au 24 février. Cette affaire met en lumière la question de la traçabilité, de la fiabilité des circuits longs et de la transformation des produits.
Ce scandale a le mérite de mettre en avant les différentes alternatives qui existent pour ceux qui veulent consommer autrement : le bio et les circuits courts. La traçabilité étant assurée par la réduction des intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Il permet aux éleveurs français de rebondir sur cette affaire pour valoriser leurs produits et favoriser les circuits courts, plus en harmonie avec le développement durable. Ainsi, le meilleur moyen pour être sûr du contenu de son assiette, est d’acheter de la viande fraîche, produite de préférence localement. Mieux encore : la vente directe, de l’éleveur au consommateur. Le créneau est porteur pour de nombreux exploitants.
Au-delà des formes traditionnelles, vente directe, marchés à la ferme ou forain, les démarches en circuits courts se diversifient au sein du territoire et sur l’ensemble des filières.[1]

Dans la nouvelle politique nationale alimentaire proposée dans le cadre de la loi de modernisation agricole, les démarches de circuits courts apparaissent aujourd’hui comme un levier de développement de l’agriculture. Les agriculteurs et les éleveurs pourront ainsi mieux valoriser leurs produits et mieux communiquer auprès des consommateurs en quête de sens, de transparence et de proximité.

En marge du Salon de l’agriculture et en réponse à ce scandale, plusieurs grandes enseignes (Carrefour, Findus, Thiriet) s’engagent à utiliser de la viande, exclusivement d’origine France (provenant de bétail né, élevé et abattu en France), dans leurs plats cuisinés et même à certifier Viande Bovine Française (VBF) tous leurs plats cuisinés à base de viande de bœuf. Elles s’engagent aussi à privilégier les circuits courts.

Cette affaire sanitaire, à défaut de changer notre mode de consommation, a le mérite de nous faire nous interroger sur nos pratiques alimentaires et à se poser des questions sur l’élevage industriel, la marchandisation de la viande, la qualité et l’origine des produits que nous consommons.

[1]CIRCUITS COURTS UNE RELATION DE PROXIMITÉ

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