Eolien terrestre : vers un nouveau souffle ?

Le Sénateur PS Roland Courteau, membre du Conseil supérieur de l’énergie, a déposé un projet de loi pour favoriser le développement de l’éolien terrestre.

Cette démarche s’inscrit dans l’atteinte de l’objectif de 25 000 MW (19 000 MW terrestres et 6 000 MW en mer) pour 2020 fixés par  le plan national « Energies renouvelables »[1]. Ainsi la France produirait-elle 10% de son électricité grâce au vent.

Rappelons avec Observ’ER que « L’énergie éolienne est produite par des aérogénérateurs qui captent à travers leurs pales l’énergie cinétique du vent et entraînent elles-mêmes un générateur qui produit de l’électricité d’origine renouvelable »[2]. L’Atlas 2012 des parcs éoliens et des ZDE en France qui vient de paraître note une progression au 31 mai 2012 avec plus de 7 182 MW installés dont 736,7 MW sur les 12 derniers mois. [3] Néanmoins à ce rythme annuel, l’objectif pour 2020 sera atteint … en 2030.

Augmentation de la taille moyenne des éoliennes commerciales avec le temps. © Sources d’énergie renouvelable et atténuation du changement climatique ; 04/2012 – GIEC

Cette énergie est cependant d’un très bon rendement puisque le courant continu haute tension permet le transport d’électricité sur de longues distances avec moins de 3% de pertes en 1 000 km parcourus (source Journal de l’Eolien ibid).

Et pourtant, la réglementation doit évoluer, pourquoi ?

La réponse se trouve dans une demande des organisations professionnelles des entreprises couvrant la filière (constructeurs, sous-traitants, exploitants, développeurs, investisseurs, bureaux d’études, assureurs, …) qui réclament une levée des freins réglementaires.[1]

D’où viennent ces freins ?

La multiplication des structures de planification compliquent la tâche des acteurs. Le Sénateur Courteau demande l’atténuation des redondances entre les schémas régionaux éoliens et les zones de développement de l’éolien (ZDE). D’autant plus que ces schémas sont soumis au respect du schéma régional climat air énergie (SCRCAE) dans lequel ils s’insèrent en annexe. [2]

Il voudrait également que le nombre minimal d’éoliennes pour l’installation d’un parc soit ramené de 5 à 3 aérogénérateurs. Cela permettrait de débloquer différents projets en France.

Le prix de rachat est-il incitatif ?

Une fédération d’associations anti-éoliennes baptisée « Vents de la colère » [3] attaque au Conseil d’Etat l’arrêté tarifaire de novembre 2008 qui assure un tarif de rachat de 82 € par MWh pour l’éolien terrestre. Le rapporteur public a préconisé l’annulation de cet arrêté tarifaire. Si tel était le cas, après le solaire, ce serait l’éolien terrestre qui prendrait l’eau, « avec la disparition probable d’un tiers des 180 opérateurs actuels », selon Nicolas Wolff, DG de Vestas France.

Alors, si le Sénateur Courteau tente de donner un nouveau souffle à l’éolien terrestre, les vents semblent pourtant contraires. Avec les vents de la colère, s’annoncent des vents de tempête. Ces anti éoliens d’énergie primaire, seraient-ils des fans du nucléaire ? Car somme toute, « qui sème le vent récolte la tempête » !

[2] http://www.energies-renouvelables.org/energie_eolienne.asp

Didier KAHN

Maîtrise en Droit Faculté Droit Strasbourg 1981 Certificat Institut des Hautes Etudes Européennes de Strasbourg 1981 MBA Développement durable et RSE EM Strasbourg 2010 Directeur Relations Extérieures CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin 2011

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