RIO +20 : Constat sur les enjeux liés aux forêts tropicales

La Conférence des Nations Unies sur le développement durable, autrement appelée « Sommet RIO+20 » est l’occasion d’aborder le sujet des enjeux liés à la protection et à la valorisation des écosystèmes forestiers tropicaux. Le Groupe National sur les Forêts Tropicales (GNFT) – organe consultatif informel travaillant sur les politiques forestières françaises – a d’ailleurs saisi l’occasion de ce rassemblement pour présenter le 17 juin dernier un rapport sur les enjeux forestiers tropicaux, ainsi que de nouvelles orientations pour répondre au mieux aux nouveaux défis qui apparaissent.

En effet, aujourd’hui les enjeux liés aux forêts tropicales ne peuvent être ignorés et nécessitent de ce fait un encadrement rigoureux intégrant les notions de développement durable. Prenons par exemple le cas de la France, dont le tiers de ses forêts sont des forêts tropicales (territoires d’Outre-mer) et représentent à elles-seules plus de 95% de la biodiversité française !

Les forêts tropicales, outre leur importance en termes environnemental avec leur rôle de stabilisation du climat, sont aussi un vecteur de sécurisation alimentaire et ont un rôle primordial dans le domaine de la santé publique avec l’exploitation des espèces végétales tropicales. De plus, ces espaces tropicaux sont un moteur pour le développement d’une économie verte désireuse d’une gestion durable des ressources forestières, et leur exploitation constitue un moyen d’insertion et de lutte contre la pauvreté dans la plupart des pays tropicaux.

Face à ces enjeux, la question de la préservation et de l’intégration de concepts issus du développement durable dans l’exploitation des systèmes forestiers tropicaux français interpellent les politiques. En effet, même si l’on remarque une atténuation des phénomènes de déforestation, cette situation reste préoccupante avec en moyenne depuis le début des années 2000 une destruction annuelle de 13 millions d’hectares de forêt tropicale. Ces chiffres font naitre chez certains spécialistes des inquiétudes relatives au climat et à la biodiversité lorsqu’on connait l’important rôle de régulateur que jouent les forêts tropicales.

La France se soucie de cette question depuis déjà un certain temps, et consacre d’ailleurs à cet effet un budget annuel avoisinant les 100 millions d’euros. L’Union Européenne s’est également engagée, au travers de partenariats avec des pays tropicaux (dont le Bassin du Congo) afin de développer des modèles de gestion et d’exploitation plus viables dans le temps, et permettant une stabilité de l’exploitation et une préservation de la biodiversité tropicale.

Aujourd’hui, les nouveaux défis qui s’imposent sont le développement d’une gestion durable des forêts de production intégrant des modèles de conservation et de restauration. De plus, face à l’essor des demandes énergétique, alimentaire et minière mondiales, il convient d’établir un équilibre afin de limiter les impacts que ces demandes engendrent sur la déforestation.

La question des commerces clandestins est également inquiétante dans la mesure où l’on constate une augmentation des marchés illégaux de bois tropical. Les investissements et le financement des externalités environnementales doivent également être étudiés afin de concevoir des modèles économiques durables.

Bien qu’encore insuffisants à l’échelle mondiale, les progrès en matière de gestion durable sont déjà intéressants et encourageants. En effet, 20% des forêts tropicales dans le monde sont déjà sous aires protégées (ex : parcs naturels en Guyane ou encore sur l’Ile de la Réunion), et en 5 ans, on a pu enregistrer une augmentation de 20% du nombre de forêts tropicales ayant fait l’objet d’une politique d’aménagement et de conservation durable.

Le rapport du GNFT rappelle néanmoins que ces mesures restent insuffisantes et qu’il conviendrait de développer de nouveaux concepts tels que les forets communales, et évoque l’importance d’envisager de manière rigoureuse les enjeux sociaux et environnementaux dans l’exploitation des écosystèmes forestiers. Le GNFT précise en outre l’importance de la restauration des écosystèmes forestiers dégradés, avec notamment un objectif de restauration de 15% à l’échelle mondiale d’ici 2020. Le sommet de RIO+20 est donc l’occasion rêvée de présenter ces nouvelles problématiques et d’en tirer les conclusions nécessaires afin d’éviter une pression trop forte sur les forêts tropicales, ce qui nuirait à leur exploitation sur le long terme. L’idée de la création d’une agence spécialisée des Nations Unies sur l’environnement favoriserait une gouvernance mondiale mieux adaptée aux forêts tropicales face aux nouveaux défis auxquels ces dernières doivent faire face.

Pour en savoir plus :

Rapport du GNFT : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Rapport-GNFT-annee-2012.html

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