Le sixième continent : conséquence des cinq autres.

Les sociétés sont une perpétuelle évolution, les populations mutent en même temps que leur habitat, et aujourd’hui, la planète Terre connaît un phénomène inédit : au lieu de voir disparaître des parcelles de continents, de nouveaux jaillissent des mers !

Les hommes d’aujourd’hui ont enfin trouvé une réponse à la surpopulation : coloniser en vagues de migration le nouveau territoire que nous avons construit : une vaste étendue six fois grande comme la France, ou pourront s’établir 500 millions d’habitants.

La quête de ce nouveau continent demande tout de même aux téméraires voyageurs de traverser les océans jusqu’au Pacifique Nord, avant d’atteindre ce nouvel eldorado de 3,5 millions de km² !

Cette “Grande plaque de déchets du Pacifique” est une immense décharge de débris plastiques, formée sous l’effet des courants marins via deux larges zones est et ouest. Les déchets proviennent des littoraux et des navires, et flottent pendant des années avant de s’accumuler.

L’Algalita Marine Research Foundation, qui suit ce monstre depuis 10 ans, estime son poids à 3,5 millions de tonnes, avec près d’un million de déchets par km².

Les déchets tourbillonnent sous l’effet du grand vortex nord-pacifique et s’accumulent dans cette zone peu connue : peu de routes commerciales et peu de bateaux de pêches l’empruntent. A l’image d’un puissant siphon marin, le vortex attirerait vers lui tous les résidus; sans pour autant les aspirer, les déchets étant accumulés et bien visibles.

 

 

Jusqu’alors les débris flottants étaient détruits par les micro-organismes mais cela n’est pas le cas avec le plastique, qui constitue 90 % des déchets flottant sur les océans. En 2006, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement relevait 46 000 morceaux de plastique sur 30 mètres de profondeur et sur 2,5 km².

Selon Greenpeace, sur les 100 millions de tonnes de plastique produits chaque année, près de 10 % finissent dans les océans. 70 % coulent et le reste flotte.

En certains endroits, la quantité de plastique dans l’eau de mer est jusqu’à 10 fois supérieure à celle du plancton, maillon élémentaire de la vie dans les océans.

La dégradation de ces plastiques est estimée entre 500 et 1000 ans. De quoi affecter toute la chaîne alimentaire du vivant des océans, puisque de tout petits morceaux de plastique de la même taille que le plancton sont ingérés par les poissons, qui confondent les deux. (24000 tonnes ingérées par les poissons par an).

La tortue s’étouffe avec des sacs plastiques assimilés à des méduses.

Greenpeace estime qu’un million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l’ingestion de plastiques.

Sur les îlots, le sable est en plastique et les oiseaux marins sont gavés de fragments volumineux qui leur remplissent l’estomac. Des dizaines de milliers d’albatros avalent des morceaux de plastique et finissent par mourir de faim, le ventre rempli.

 

Le plastique fixe les polluants organiques persistants (POP), connus pour leur nocivité et leur capacité à voyager autour du globe, ces fragments de plastique atteignent des concentrations jusqu’à 1 million de fois supérieures aux normales.

Cette décharge est profitable à la reproduction d’une espèce d’araignée d’eau, l’Halobates sericeus, qui a besoin d’un terrain “solide” pour y pondre ses oeufs.

Avec une telle étendue de surface plastique, cet insecte prolifère, dans des proportions qui risquent de déséquilibrer l’ensemble de l’écosystème du Pacifique, étant donné qu’il se nourrit de zooplancton et d’oeufs de poisson.

Malheureusement, le nettoyage de cet océan de déchets semble insurmontable, sa superficie à couvrir étant trop importante et les coûts, colossaux.

Et pendant ce temps là, le rajout d’emballages inutiles grossi nos poubelles; les portions emballées individuellement, ça doit plaire aux géants de la surconsommation.

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