Réforme du code forestier brésilien : nouvelle menace pour la forêt amazonienne…

D’ores et déjà approuvée par les députés, une réforme du code forestier brésilien a été adoptée il y a quelques jours… La Présidente du Brésil, Dilma ROUSSEFF, dont l’accord est indispensable à la mise en œuvre de cette réforme ne s’est pas encore exprimée, pourtant les oppositions à ce projet sont déjà virulentes et les contestataires ne comptent pas en rester là ! A quelques semaines du sommet Rio+20 (du 20 au 22 juin 2012), cette affaire fait polémique…

En effet, annoncée depuis déjà plusieurs mois, cette réforme est née de la volonté politique du pays qui souhaite favoriser la croissance nationale grâce à quelques aménagements juridiques. C’était sans compter sur la présence de lobbies agricoles importants et d’ONG (dont WWF et Greenpeace), qui dès l’annonce de ce projet ont manifesté leur opposition totale. Depuis lors, les deux parties campent sur leur position et se livrent une guerre de clan.

Les défenseurs de l’environnement sont inquiets face à ce projet de réforme. En effet, le code forestier était à l’origine un outil juridique permettant de protéger les zones forestières naturelles, mais également un outil de sanction envers les braconniers. Apparu au milieu des années 1960, ce code avait pour objectif premier de limiter l’exploitation agricole des propriétaires de forêts. Ces derniers se retrouvaient alors contraints de conserver une partie de leur terrain intact. Le code forestier permettait ainsi de protéger la forêt, mais également de défendre la biodiversité, en cartographiant des zones dites « sensibles » nécessitant une protection particulière.

Pour les opposants, le projet de réforme – qui modifierait (voir supprimerait) la qualification des zones protégées – représente une véritable menace pour l’environnement qu’il n’est pas possible de tolérer ! En effet, l’une des conséquences notables de cette réforme serait la clémence totale à l’encontre des producteurs de bois ayant déboisé illégalement dans les zones classées comme « sensibles ». Chose encore impensable il y a peu, puisque les « pilleurs » pris en faute étaient jusqu’alors tenus de replanter par leurs propres moyens la totalité des surfaces déboisées illégalement !

Mais alors pourquoi vouloir une telle réforme ?

En réalité, cette réforme, si elle est adoptée définitivement par la Présidente ROUSSEFF, devrait servir d’appui aux intérêts agricoles du pays dans un contexte de mondialisation, et ce au détriment des intérêts de l’environnement et de la population concernant la lutte contre la déforestation! Déjà adoptée à la fin du mois d’avril par la chambre des députés, la réforme n’a pas encore reçu l’aval de Dilma ROUSSEFF. Avec d’un coté la pression politique du pays, et de l’autre celle des organisations internationales de défense de l’environnement, il s’agit là d’un choix cornélien… D’autant plus que le Sommet Rio+20, qui préconise des politiques de développement durable soucieuses de l’environnement et des individus, aura lieu dans quelques semaines. Tous les regards sont donc tournés vers l’actuelle Présidente du Brésil, dont certains critiquent déjà le « net recul de sa trajectoire environnementale ».

L’éternel débat entre croissance et environnement continue d’échauffer les esprits 20 ans après la première conférence internationale sur le développement durable. La question aujourd’hui, à travers cette polémique n’est-elle pas : « A-t-on compris les réels enjeux portés par la notion de développement durable que l’on prône depuis des décennies ? ». Le choix de Dilma ROUSSEFF nous éclairera sans doute sur la réponse à donner à cette question…

 

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