De l’empreinte carbone à l’empreinte d’eau

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on LinkedIn0
A peine avons-nous commencés à nous préoccuper de notre empreinte carbone, qu’apparaît l’expression d’une autre préoccupation du XXI ème siècle : l’empreinte d’eau. En fait, les deux questions sont liées. C’est ainsi qu’une étude de Deloitte [1] « Energy Predictions 2012 » souligne la considérable consommation d’eau nécessaire pour produire de l’énergie.
Actu Environnement [2] présente ce rapport d’expert en soulignant que « la production d’1 MWh nucléaire avec des tours de refroidissements nécessite 2.725 litres d’eau, quand la fracturation d’un puits de gaz de schiste au Texas consomme jusqu’à 50 millions de litres d’eau. Enfin, pour produire 1 litre de bioéthanol, 10 à 17 litres d’eau sont nécessaires… »
A l’occasion du Forum de l’Eau à Marseille à la mi-mars 2012, Actu-Environnement [3] a interviewé Nicolas Imbert,  directeur exécutif de Green Cross France Territoire (Green Cross International est présidé par Mikhaïl Gorbatchev), qui pose la question de l’usage de l’eau pour refroidir les centrales nucléaires. Cela représente 1/3 de la consommation de l’eau en France.
L’Agence publique « Eau de France » publie sur son site [4] la répartition des prélèvements d’eau par usage et par ressource : sur 33 400 millions de m3 d’eau prélevés en France, 64% sert à la production d’électricité. A comparer
aux 17 % pour l’eau potable et 9% pour l’irrigation (chiffres de 2009).
EDF est consciente de l’acuité du problème car lors du Forum Mondial de l’Eau à Marseille, s’est engagé à poursuivre ses efforts pour les hydro-engagements « avec l’International Hydropower Association et le Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale, EDF s’est s’engagé à limiter l’empreinte en eau de ses ouvrages hydrauliques. » [5]
Alors, la solution pourrait-elle provenir d’autres technologies de production d’énergie en devenir ? Hélas, l’étude Deloitte montre que les systèmes de capture et de stockage du CO2 engendreraient des consommations d’eau en hausse de 45 % pour une centrale à gaz et de 90 % pour une centrale à charbon.
« Après la réduction de l’empreinte carbone, la réduction de l’empreinte eau du secteur énergétique pourrait donc être un défi majeur pour le secteur, souligne Deloitte, estimant que la définition d’un référentiel commun international pour mesurer la consommation en eau des industriels est nécessaire. »
L’eau est un bien commun et elle se raréfie. Le suivi de l’empreinte en eau des producteurs d’énergie va être observé avec attention. L’exigence de la sobriété énergétique est une fois de plus justifiée. Cette problématique va rendre plus performant des énergies renouvelables ne consommant pas d’eau tel que le solaire thermique pour l’industrie.

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on LinkedIn0

Didier KAHN

Maîtrise en Droit Faculté Droit Strasbourg 1981 Certificat Institut des Hautes Etudes Européennes de Strasbourg 1981 MBA Développement durable et RSE EM Strasbourg 2010 Directeur Relations Extérieures CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin 2011

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *