Nourrir la planète… à l’ancienne !

Face aux deux défis que sont le réchauffement climatique et l’augmentation de la population sur Terre, l’agriculture n’a d’autre choix que de s’adapter. Certains cherchent à renforcer la production grâce à de meilleurs engrais, ou par l’usage d’OGM, permettant d’avoir des semences plus résistantes et ayant un meilleur rendement. Et si la solution se trouvait au contraire dans un retour aux fondamentaux?

L’agroécologie, aussi appelée agriculture écologique, voilà la solution que certains experts  agricoles prônent pour répondre aux nouveaux défis auxquels est confrontée l’agriculture afin de réussir à nourrir le monde.Dans les faits, de quoi s’agit-il? Tout simplement de revenir à des méthodes traditionnelles d’agriculture, en limitant au maximum l’utilisation d’engrais chimiques visant à améliorer les rendements, en leur préférant le compost ou le fumier, ainsi que des cultures diversifiées et une rotation de celles-ci à la place des monocultures intensives.

Cela permet non seulement d’améliorer la fertilité des sols, mais également de mieux retenir l’eau et de permettre un meilleur renouvellement de la terre.

Un exemple marquant se trouve en Afrique de l’Ouest, qui dispose d’un des climats les plus secs et les plus chauds du globe. Afin de mieux capter les rares précipitations, les paysans se sont mis à planter des arbres au milieu de leur champs, ayant pour effet non seulement de renouveler la fertilité des sols, mais également de permettre une meilleure retenue d’eau des terres, avec pour résultat une reconstitution plus rapide des nappes phréatiques.

Bilan final, des rendements agricoles qui ont doublé, voir triplé, et sont équivalents aux rendements atteints par une agriculture conventionnelle et moins respectueuse de son environnement.

En Chine, Greenpeace, en association avec le scientifique Lin Erda, propose des solutions  écologiques pour aider l’agriculture à faire face aux changements climatiques, comme par exemple introduire des poissons et des canards dans les rizières. Les poissons diminuent les émissions de méthanes, tandis que les canards ont un rôle de protection contre les nuisibles, évitant l’utilisation de pesticides.

Toutefois, ces méthodes sont-elles transposables universellement? En effet, l’Afrique n’a pas connu durant des années les cultures intensives liées à l’agriculture industrielle comme l’ont fait l’Amérique du Nord ou l’Europe, et qui ont considérablement appauvri les sols.

L’Institut Rodale, une organisation à but non lucratif leader en recherche sur l’agriculture biologique et durable aux Etats-Unis, s’est penché sur la question, et y a consacré une étude sur 30 ans.

Au terme de celle-ci, il apparaît que le passage d’une agriculture industrielle à une agriculture écologique entraîne systématiquement un déclin de la production dans les trois à cinq premières années.

Cependant, passé ce cap, les rendements de l’agroécologie rattrapent ceux de l’industrielle, et présentent, toujours selon cette étude, un nombre non négligeable d’avantages par rapport à cette dernière.

En premier lieu, l’agriculture écologique résiste mieux aux périodes de sécheresse, et présente des rendements 31% supérieurs aux rendements conventionnels. Elle émet également 40% de gaz à effet de serre en moins. Et pour finir, elle permet de recharger les nappes phréatiques, à l’inverse de l’agriculture industrielle, grande consommatrice de cette ressource, ce qui a pour effet une meilleure fertilité des sols.

Que conclure de cela? Peut être faudrait-il, avant de chercher le salut dans des innovations scientifiques, jeter de temps à autres un petit coup d’œil en arrière, et revenir à plus de simplicité. Non seulement il sera toujours possible de produire assez pour tout le monde, mais cela permettrait également de le faire à plus long terme, avec un impact moindre sur l’environnement.

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