L’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) rappelle à l’ordre la Centrale Nucléaire de Civaux

L’autorité de sureté Nucléaire est la garante, au nom de l’Etat, du contrôle des installations nucléaires afin de prévenir tout danger susceptible de mettre en péril l’environnement et les populations. Dans le cadre de cette mission, l’ASN a constaté avec rigueur le 24 janvier dernier le mauvais entretien des réservoirs d’effluents de la centrale nucléaire de Civaux, et a immédiatement mis en demeure cette dernière d’effectuer les travaux nécessaires afin de résoudre ce problème d’ordre public.

En effet, suite aux résultats des prélèvements d’eaux souterraines de la Centrale de Civaux effectués au début du mois de janvier 2012, l’ASN a constaté un taux anormalement élevé de tritium (540bq/l, contre moins de 8bq/l habituellement) qui est un isotope radioactif de l’hydrogène. Cette découverte a alors mis la puce à l’oreille de l’ASN qui a demandé une inspection, découvrant à cette occasion que les revêtements de la capacité de rétention des réservoirs d’effluents se trouvaient dans un état déplorable (fissures, cloquages, écaillements) ! Ainsi, un manque d’étanchéité aurait provoqué une importante fuite d’eau contenant du tritium dans l’environnement.

L’ASN a accordé un délai de 10 jours à la Centrale nucléaire afin de résoudre ces problèmes d’étanchéité, et a demandé la réparation totale et durable d’ici à la fin du mois d’août 2012. Un contrôle de l’ASN sera évidement mis en œuvre afin de vérifier l’exécution de ces travaux, et EDF a déjà affirmé qu’ils avaient dors et déjà débutés.

En ce qui concerne l’impact sur l’environnement et la population, l’ASN a assuré qu’aucun impact significatif n’avait été enregistré. Malgré ces déclarations, des élus locaux de la région Poitou-Charentes avouent ne pas être complètement rassurés. Au-delà de toutes ces déclarations, cet incident pointe encore une fois du doigt le danger de l’activité nucléaire. Le Gendarme du Nucléaire dénonce même «une attention insuffisante à l’égard des risques de contamination par le tritium, notamment s’agissant de l’état de la capacité de rétention et des programmes de surveillance du génie civil ».

Delphine PATRITTI

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.