La déforestation malgache : vice de luxe

Le gouvernement malgache tente de stopper la surexploitation des forêts en alourdissant les peines s’appliquant au commerce de bois précieux.
L’île de Madagascar, située dans le sud-ouest de l’océan Indien, figure parmi les 10 hot spots de la diversité biologique mondiale et possède l’un des écosystèmes les plus riches du monde.
Le Ministère de l’environnement et des forêts estime qu’une bonne gouvernance de l’environnement constituerait une base afin d’assurer un développement économique durable du pays. Parmi les problèmes environnementaux majeurs cités, apparait la déforestation.
L’Unesco a souligné qu’en 1990, Madagascar comptait 11 millions d’hectares de forêts, qui ont été réduits à neuf ; représentant plus que 15% de la surface de l’ile, «en raison des coupes illicites de bois sur ce site et du braconnage visant les lémuriens, une espèce menacée ».
Une enquête menée par l’Environmental Investigation Agency  et Global Witness , qui surveillent l’exploitation et le commerce illégaux de ressources naturelles, a révélé que des bois tropicaux exotiques tels que le bois de rose, le palissandre et l’ébène étaient collectés chaque jour dans des parcs nationaux et aires protégées, pour une valeur évaluée entre 88 000 et 460 000 dollars.
Le rapport a conclu que « la préservation de l’environnement est otage du développement économique, et le développement économique est otage de la bonne gouvernance ».
Or, ces dernières années, le gouvernement Malgache a connu des instabilités politiques fortes et des coups d’Etat, qui ont empêché la législation environnementale de voir le jour.
Ce n’est que le 8 août 2011 qu’a été adoptée l’ordonnance portant répression des infractions relatives aux bois de rose et aux bois d’ébène, par la présidence de la Haute Autorité de Transition, gouvernement actuellement en place.
Des mesures d’interdiction de coupe, de commercialisation, de circulation, d’exploitation, et d’exportation de ces bois précieux avaient été prises, mais elles n’ont pas stoppé leur exploitation illicite et abusive. L’ordonnance de 2011 a pour objectif de « renforcer la répression », les peines étant jugées trop faibles.
A noter que la sanction pécuniaire la plus lourde, s’appliquant aux « gens de campagne » ou exploitants forestiers, ayant retenus le maximum de chefs d’accusation, est de 1 à 4 millions d’Ariary, soit de 350 à 1400 €. Inutile de préciser que ces montants sont risibles au regard des moyens financiers des grands groupes qui grossissent leurs bénéfices avec ces bois précieux.
A moins qu’il n’instaure une amende assez dissuasive pour les acheteurs internationaux, le gouvernement Malgache ne pourra éradiquer ces pillages, et les salons en ébène perdureront.
Pour en savoir plus :

http://www.meeft.gov.mg/index.php?option=com_docman&Itemid=76
http://
www.afrik.com/article20507.html

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