La responsabilité sociale limitée de la firme Apple vis-à-vis les impacts des activités de ses fournisseurs en Chine

Un groupe des ONG chinoises a publié le 31 août 2011 sous le titre « The other side of Apple II » l’enquête qu’il a menée sur les allégations des ONG rédacteurs du rapport « The other side of Apple » publié en janvier 2011 concernant les pratiques polluantes et dangereuses pour la santé des travailleurs et des populations locales des sous-traitants de la firme Apple, à savoir les rejets toxiques de leurs usines.

A) Une responsabilité accrue d’Apple vis-à-vis les impacts des activités de ses fournisseurs qu’elle refuse d’assumer…

1. Pourquoi elle a une responsabilité accrue

La firme Apple à l’instar de la plupart des compagnies informatiques externalise sa production informatique. Néanmoins, elle demeure co-responsable des activités de ses sous- traitants et de leurs impacts sociaux et environnementaux. Plus particulièrement, elle ne peut qu’être tenue responsable de ses décisions. En effet, c’est elle qui fait le partage du profit tiré de la vente de ses produits entre les firmes qui participent à sa production. Ainsi, d’après les analyses des médias, pour chaque iPhone4 vendu au prix de $600 les sous-traitants d’Apple ne reçoivent que $6.54 tandis que les bénéfices d’Apple atteignent la somme de $360. Il en résulte qu’Apple bénéficie principalement du coût réduit des produits et ses fournisseurs pour augmenter leur marge de profit, si disproportionnellement distribué entre ces derniers et Apple, réduisent leurs dépenses en matière de protection environnementale et sociale.

2. Comment Apple refuse d’assumer sa responsabilité

Apple, selon son Code de conduite pour les fournisseurs et les sous-traitants, s’engage d’assurer le respect par ceux-ci des normes internationales relatives aux droits de l’homme, des travailleurs et au droit à un environnement sain. Toutefois, dans son rapport social 2011, après les révélations des ONG sur le comportement « non vertueux » de ses fournisseurs dans le rapport susmentionné, elle se limite à exiger par ses fournisseurs le respect des normes internationales de protection sociale et environnementale sans pour autant garantir que ceux-ci  se conforment  dans les faits à celles-ci[1].

Encore plus important, il convient de noter que Apple refuse de publier le catalogue de ces fournisseurs et sous-traitants. Ainsi, il a fallu aux ONG des mois de recherches pour les identifier grâce à des documents publics et d’enquête sur le terrain. Or, même si des banques de données sur la pollution environnementale créées par des ONG lui permettent de répertorier les infractions commises par ses sous-traitants en Chine, sanctionnées par le Service de Protection Environnementale en Chine, Apple refuse de dévoiler les résultats des audits qu’elle mène sur ses fournisseurs pour permettre le suivi du contrôle qu’elle prétend exercer sur leurs performances sociales et environnementales. Ainsi, à la différence d’autres entreprises informatiques également accusées par les ONG de sous-traiter leur production à des entreprises qui commettent ce type d’infractions, Apple n’a pas publiquement et officiellement exiger de ses fournisseurs de se conformer à son code de conduite fournisseurs sous la menace que, dans le cas de leur non conformité aux obligations stipulées à ce code, elle aura la faculté de résilier leur contrat de fourniture.

B) Pourquoi ses fournisseurs ne freinent pas leurs activités polluantes et nocives

Il a lieu de souligner qu’en Chine les défaillances du système de protection sociale et environnementale permet à ces fournisseurs de réduire leurs coûts de fonctionnement en ne respectant pas les normes contraignantes en la matière. En effet, le coût des amendes infligées par les autorités chinoises est modique par rapport aux profits d’Apple. De plus, les entreprises considèrent comme source des profits la rapidité et la facilité de l’autorisation de l’implantation des usines en Chine sans enquêtes publiques suffisantes et la consultation effective des populations locales.

C) Les faits incriminés

Les faits incriminés sont plusieurs et graves : pollution des rivières, des lacs mais aussi risque de pollution des nappes phréatiques avec des métaux lourds et augmentation des cancers. De plus, une explosion à une usine de son fournisseur en mai dernier a entraîné le mort et la blessure des ses travailleurs à cause du manque d’entraînement du personnel. En effet, cet entraînement n’ a duré que 3 jours, puisque le souci principal de son fournisseur était de fabriquer un maximum de produits pour répondre à la demande d’Apple. En effet, les deux tiers de iPad vendus dans le monde sont fabriqués à cette usine.

De plus, même si 137 travailleurs ont été empoisonnés par la substance toxique n-hexane utilisée dans la production des produits d’Apple, comme Apple avoue dans son rapport social 2011, ni ses fournisseurs ni la firme n’ont pas encore satisfait les demandes de compensation raisonnable des victimes.

D) L’achat responsable

Les ONG appellent ainsi les consommateurs, pour qu’ils soient fières de leurs achats, à réagir contre la frauduleuse politique de communication d’Apple sur sa responsabilité sociale et environnementale.

L’intégralité du rapport présenté : http://www.ipe.org.cn/Upload/Report-IT-V-Apple-II.pdf

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