La fin annoncée de la raffinerie alsacienne de Reichstett

Après 48 ans d’activité, la raffinerie de pétrole de Reichstett, située à une dizaine de kilomètres au nord de Strasbourg, a fermé ses portes le 30 juin 2011. Elle appartenait à l’origine à la société Shell qui l’a revendu en 2008 à l’entreprise suisse Petroplus Holding AG. Depuis octobre 2010, celle-ci a désespérement chercher un repreneur, mais a due se résigner en avril 2011, à mettre fin à l’activité de raffinage du site alsacien jugé non-rentable, tout en maintenant le site de stockage et de redistribution situé au Port du Rhin de Strasbourg.

La raffinerie avait une production faible, 3.4 millions de tonnes produites en 2009, soit 8% des capacités de production du groupe Petroplus, et nécessitait des investissements trop lourds pour ne plus être une raffinerie déficitaire et restaurer une rentabilité, soit 160 millions d’euros en plus des 73 millions déjà investis par le groupe. Selon la Direction de Petroplus, la crise économique a été le facteur déclenchant d’une telle décision: “Dans un contexte difficile pour le marché du raffinage, et compte tenu des capitaux qui seraient requis, l’entreprise ne peut justifier les investissements nécessaires au maintien de l’activité du site”.

Pourtant, des solutions ont été recherchées par Petroplus et pas ses employés.
73 entreprises ont été contactées par la Banque d’affaire Goldman Sachs international qui était chargée de trouver un repreneur. Une seule, un fonds d’investissement européen, aurait montré un intérêt mais n’a pas donné suite.
Les salariés ont même proposé de créer une coopérative de cogénération d’énergie électrique et de chaleur au bénéfice des collectivités avoisinantes, mais les crédits nécessaires à un tel projet n’ont pu être réunis.

Le Plan de Sauvegarde de l’Emploi a finalement été accepté par la majorité des 253 salariés en procédure de licenciement, 15 emplois ont été maintenus pour la conversion du site en terminal de dépôt et pour en assurer la sécurité des installations. Le démontage des unités de raffinage, avec la réalisation des opérations d’arrêt et de dégazage, a commencé en juillet et prendra 15 à 18 mois. Peut-être que la rarification du pétrole et la modernisation des techniques d’extraction pourront, dans les années à venir, en donner une nouvelle rentabilité au site de Reichstett et par là-même une nouvelle vie.

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