Vous avez dit « temps pourri » ?

Alors que les juilletistes et aoûtiens déplorent un été triste, les conséquences de la sécheresse des mois précédents se font toujours sentir.

Bien que la pluie gâche les vacances de certains, elle vient aussi en rassurer d’autres. On semble l’avoir oublié, mais la fin du printemps a été très sèche. Et même si pour beaucoup, cela ne s’est pas ressenti, cette sècheresse n’a pas été et n’est pas sans conséquences.

 

L’agriculture a bien évidemment été touchée de plein fouet : cultures manquant d’eau, plus d’herbes dans les champs, récoltes de foin quasiment nulles… Il a donc fallu acheter de la nourriture pour les bêtes, et si certains céréaliers ou producteurs ont joué le jeu, d’autres ont spéculé pratiquant des prix très élevés. La situation financière de certains exploitants ne leur permettant pas de faire face à ces dépenses énormes et imprévues, ils n’ont eu d’autre choix que de vendre, pire, de faire abattre leur bétail.

 

Entre les spéculateurs et la nécessité de contrebalancer le manque à gagner pour les éleveurs, la sécheresse entraîne une hausse des prix alimentaires. Moins de céréales, mais demande constante, la loi de l’offre et de la demande impose une hausse des prix.

 

Des restrictions d’eau ont été mises en place dans les régions les plus touchées, elles ne sont d’ailleurs pas levées partout. Ainsi, en avril, 68% des réservoirs aquifères étaient en déficit. On pourrait penser que cela va en s’améliorant mais malgré les fortes pluies de juin, 80% des réservoirs aquifères au 1er juin « un niveau inférieur à la normale ».

 

La sécheresse a par ailleurs menacé le bon fonctionnement des centrales nucléaires. Si l’aridité s’était prolongée, 44 des 58 réacteurs situés en bord de rivière auraient risqué d’être arrêtés, menaçant la France de black out électrique. En effet, les centrales utilisent l’eau pour le refroidissement des réacteurs.

 

Que dire des incendies de forêt favorisés par le manque d’eau, depuis avril, plus de 600 hectares ont brûlés en France, principalement dans les Landes. Inutile de rappeler le rôle essentiel des forêts dans le captage du CO2, mais aussi dans le cycle de l’eau.

 

Bien évidemment, le manque d’eau touche aussi le tourisme : Par exemple, certains loisirs nautiques. Le niveau bas des lacs et autres plans d’eau empêche la pratique de certains sports, voire même la baignade. Et paradoxe, plus il y a de soleil, moins il y a d’eau mais plus il y a de monde !

 

Ce n’a pas été le cas cet été en France, mais l’aridité peut aussi avoir des conséquences sur la navigation. En Allemagne par exemple, certaines voies n’étaient plus navigables empêchant à la fois la circulation de touristes, mais aussi de marchandises.

 

Couplée à des températures au dessus de la normale, la sécheresse de cet été laissera donc des traces. Certes, elle a été moins grave que la terrible sécheresse de 1976, mais il faudra plus que l’été pluvieux actuel pour s’en remettre.

 

Elle aura au moins eu le mérite de tirer la sonnette d’alarme sur certains points. Ainsi, le Président de la République a très récemment annoncé, outre plusieurs millions d’aides financières, un plan sur cinq ans de création de retenues d’eau et de réduction des volumes d’eau utilisés par l’agriculture. Par ailleurs, certains ont réalisés qu’il va falloir trouver d’autres cultures, ou modes de culture plus adaptés au réchauffement climatique et au manque d’eau. Enfin, cela met une nouvelle fois en avant le nucléaire : qu’aurions nous fait en cas de black out ?

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