Pourparlers de Bonn : pas de renouvellement de Kyoto ?

La deuxième session des pourparlers de l’ONU sur le changement climatique s’est ouverte lundi 30 mai à Bonn, en Allemagne, et s’étendra jusqu’au 17 juin. Il s’agit de la dernière rencontre importante avant que les 194 pays signataires de la Convention sur le Climat ne se réunissent à Durban, en Afrique du Sud, à partir de fin novembre 2011, pour la 17e «COP» (Conference of the Parties).

La conférence englobe la 34e session de l’Organe subsidiaire de mise en oeuvre (SBI) et de l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA). Elle comprend également la deuxième partie de la sixième session du Groupe de travail spécial des nouveaux engagements des Parties visées à l’Annexe I au titre du Protocole de Kyoto (AWG-KP) et la deuxième partie de la quatorzième session du Groupe de travail spécial de l’action concertée à long terme au titre de la Convention (AWG-LCA). Un peu plus de 3 000 personnes venues de plus de 180 pays seront ainsi réunies.

Depuis la semaine dernière, un risque accablant est pointé du doigt : la fin du protocole de Kyoto.

  • Lors de la session du groupe « AWG-KP », Christina Figueres, la secrétaire exécutive de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC), a en effet affirmé : «Même s’il y avait un accord sur un projet de texte requérant une modification du protocole de Kyoto, son entrée en vigueur ne pourrait se faire qu’à l’issue de la ratification par les trois quarts au moins des parties. Ce qui ne nous paraît pas possible entre Durban et la fin 2011».

La première période d’engagement du protocole s’achève le 31 décembre 2012. Il s’agit à l’heure actuelle du seul mécanisme international qui contraint trente-sept pays développés à réduire de 5,5% leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 1990 et 2012.

L’une des raisons du blocage au renouvellement du protocole de Kyoto tient notamment à un changement de contexte depuis la fin des années 1990, avec l’émergence fulgurante des pays en voie de développement.

Les économies émergentes sont aujourd’hui responsables des plus fortes concentrations atmosphériques de GES. La Chine incarne désormais le premier émetteur mondial de GES. Or, entre des pays industrialisés (Russie, Japon et Canada en tête) souhaitant contraindre les pays les plus émetteurs, et des pays en développement exigeant des pays les plus riches de rester liés à leurs engagements, les négociations restent au point mort.

Rappelons pour information que l’Union Européenne était prête à s’engager pour une seconde période sous Kyoto, moyennant un accord incluant l’engagement des grandes économies (dont la Chine) dans un accord juridiquement contraignant.

  • Bien qu’une soixantaine de pays ait déjà pris des engagements de réduction d’émission, l’objectif de maintenir à 2°C le réchauffement de la planète est désormais quasiment impossible. Après 20 ans de pourparlers et de négociations internationales, l’Agence internationale de l’Energie a pourtant dernièrement relevé que les émissions mondiales de carbone liées à l’énergie avaient atteint un niveau record en 2010 (+5,9% depuis 1990).

Le seuil de 32 milliards de tonnes de GES par année, soit le sommet d’émissions anticipé pour 2020, le seuil ultime à ne jamais dépasser, serait donc vraisemblablement atteint en 2012, soit neuf ans plus tôt. Or c’est en 2012 que les 37 pays occidentaux liés par le protocole de Kyoto devaient avoir réduit leurs propres émissions de 5 %.

  • Christina Figueres soutient que rien n’est perdu : «La bonne nouvelle, c’est que nous progressons dans l’idée que la deuxième période d’engagement peut être différente de la première. Nous avons une conversation avancée, qui se déroule dans une atmosphère saine, sur ce sujet là».

Le véritable progrès serait que les Etats respectent les engagements pris à Cancun début décembre 2010. Ces derniers se sont engagés à « une augmentation maximum mondiale des températures de 2°C, en envisageant un maximum d’1,5°C » a déclaré Christiana Figueres, « Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel que tous les efforts soient mobilisés pour faire vivre ces engagements ».

Les gouvernements sont ainsi à nouveau invités à mettre en œuvre des politiques promouvant la croissance à faible taux carbone et l’augmentation des investissements par le secteur privé dans les technologies émettant peu de gaz à effet de serre, ainsi qu’une utilisation plus massive de ces technologies.

 

Sources :

Radio Chine Internationale (RCI)

IISD Reporting Services, Bulletin des Négociations de la Terre

www.mediaterre.org

www.enjeux.org

www.fao.org

www.lepotentiel.com

lephoenix.wordpress.com

www.lemonde.fr/

www.aedd.fr

 

Sur la complexité des négociations climatiques : un jeu de rôle sur les négociations de Copenhague mené par les étudiants de sciences politiques

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/06/10/negociations-climatiques-et-si-copenhague-setait-passe-autrement/

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