Le CSC : un danger pour les nappes phréatiques ?

Le procédé de Capture et Stockage du CO2 (CSC ou CCS en anglais) consiste à capturer les émissions de CO2 issues des centrales électriques thermiques ou des usines industrielles, puis à les transporter par pipeline ou bateau jusqu’à des formations géologiques spécifiques (aquifères salins ou anciens gisements de gaz naturel ou de pétrole) ; le CO2, principal gaz à effet de serre, est alors stocké au lieu d’être émis dans l’atmosphère.

Alors même que de nombreuses associations de protection de l’environnement comme Greenpeace ou Les Amis de la Terre y sont opposées, le CSC est considéré comme incontournable dans la majorité des scénarios internationaux de lutte contre le changement climatique, en complément du développement des énergies renouvelables, de l’énergie nucléaire et de l’amélioration de l’efficacité énergétique. En effet, il permet de continuer à utiliser des énergies fossiles tout en supprimant la quasi-totalité des émissions de CO2 issues de leur combustion.

Ainsi à l’échelon européen, le Parlement Européen a adopté le 11 mars 2010 le Plan SET (Plan stratégique pour les technologies énergétiques) destiné à accélérer le développement et le déploiement au meilleur coût des technologies à faible intensité carbonique (dont fait partie le CSC) afin de réaliser les objectifs de 2020 de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre.

Parallèlement, la France, comme d’autres pays membres soutient le développement de cette technologie. Deux mois déjà avant l’adoption du Plan SET, le 11 janvier 2010 était inauguré le premier pilote industriel de captage et stockage du CO2 dans la région de Lacq, près de Pau.
Par ailleurs, le CSC a été identifié comme l’une des nouvelles technologies de l’énergie à promouvoir dans le cadre du Grand emprunt national.

Mais la grande majorité des associations environnementales ne croient pas à la pertinence du développement de la CSC et à la sûreté de ce type d’installations. Elles pourraient désormais s’appuyer sur un nouvel argument. En effet, le journal Environmental Science & Technology a publié une étude de scientifiques américains sur le sujet.
Ces derniers ont essayé de comprendre comment les fuites potentielles de CO2 pourraient affecter les nappes phréatiques situées au-dessus des sites de stockage de manière à en parfaire la sélection et à identifier les signes d’une contamination possible.

Les résultats de l’étude montrent que lorsque l’eau des nappes souterraines est exposée au CO2, l’eau s’acidifie (le PH décroît) et la dissolution des minéraux augmente ce qui a pour conséquence d’augmenter (facteur 10 à 100) la concentration de métaux, de manganèse, de cobalt, de fer ou encore de nickel et dans certains cas d’uranium et baryum.

Selon le Professeur Robert B. Jackson, l’un des auteurs de l’étude la possibilité d’une contamination est réelle, mais il y a des moyens d’éviter ou de réduire les risques (« We found the potential for contamination is real, but there are ways to avoid or reduce the risk » – Source ScienceDaily.com).

Cette étude ne devrait donc pas empêcher le développement rapide du CSC, d’autant plus que l’Agence internationale de l’énergie estime que cette technologie pourrait contribuer jusqu’à hauteur de 20 % à la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050 (en complément des économies d’énergie, de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, etc.).

 

Sources :

Etude complète

Articles :
www.sciencedaily.com/releases/2010/11/101111111022.htm
www.theecologist.org/News/news_round_up/682783/carbon_capture_and_storage_could_contaminate_drinking_water.html
www.ddmagazine.com/201011152027/Actualites-du-developpement-durable/Le-stockage-geologique-du-CO2-pourrait-menacer-les-nappes-phreatiques.html

Politiques :
www.developpement-durable.gouv.fr

Communication de la Commission au Parlement Européen, au Conseil, au Comité Economique et Social Européen et au Comité des Régions :
Énergie 2020, Stratégie pour une énergie compétitive, durable et sûre
COM(2010) 639 final

 Plan SET

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