Coup dur pour le thon rouge

Pendant 10 jours et ce jusqu’au 27 novembre s’est réunie la commission  internationale pour la conservation des thonidés de l’atlantique (CICTA) et malheureusement les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances.

Malgré de nombreuses interventions de Greenpeace durant tout le sommet, visant à rappeler leurs obligations aux 48 pays membres, celles-ci ne semblent pas avoir été entendues.

Depuis le début des négociations la position de l’Union Européenne et plus particulièrement celle de la France est en totale désaccord avec les engagements pris durant la conférence de Nagoya et avec la directive européenne sur la stratégie marine qui demandait une restauration du stock de ce poisson d’ici 2020.

Le 9 septembre 2009 la Commission Européenne avait même plaidé pour l’inscription de l’espèce en annexe I de la convention  sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, ce qui signifiait l’arrêt total du commerce du thon rouge.

Cependant cette décision avait été rejetée par une grande majorité le 18 mars 2010 lors de la Convention sur le commerce à Doha.

Néanmoins en tenant compte des engagements européens, l’Union aurait du se prononcer en faveur d’un quota de pêche nul en vue de la préservation de l’espèce, ce qui ne fut pas le cas puisque la volonté exprimée a été celle d’un statu quo : même quota que l’année dernière : 13500 tonnes.

Les experts et les ONG demandaient quant à eux une réduction du quota à 6000 t avec des sanctuaires de reproduction pour l’espèce.

La CICTA en a décidé autrement en délimitant pour 2011 un quota de pêche du thon rouge à 12900 tonnes, soit 600 t de moins qu’en 2010.

Cette décision a été très critiquée par les ONG, qualifiant le meeting “d’échec massif”

Le thon rouge est une des espèces marines les plus surexploitées, elle est actuellement classée comme critiquement en danger. Sa population a baissé de 80 % les 40 dernières années !

Greenpeace estime que ce chiffre ne laisse que 30 % de chance au stock de se reconstituer d’ici 2020.

C’est une décision alarmante d’autant plus que l’Europe apparaît comme le principal protagoniste de la tragédie puisque les USA et le Japon ( auxquels 80 à 90 % de la production est destinée) étaient pour une baisse des quotas et même la Libye demandait sa nullité.

Le plus inquiétant se trouve dans le fait que ces négociations ont eu lieu derrière des portes bien fermées où même les journalistes et les membres des ONG qui y avaient un intérêt légitime, n’ont pu accéder. Cela pose des questions quant à la transparence de négociations si importantes.

Pour approfondir la sujet, greepeace a lancé une énorme campagne pour sauver le thon rouge consultable sur son site internet, et depuis lundi 6 décembre un consortium de journalistes ont mis en ligne un rapport intitulé “Looting the seas” (Pillage des mers) sur leur site d’investigation : www.icij.org qui dresse un état des lieux des pratiques actuelles de pêche du thon rouge.

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