Sommet de Cancun : La bombe Kyoto

Durant une semaine, les équipes de négociateurs ont tenté d’avancer sur des sujets censés composer “un paquet équilibré” de décisions – lutte contre la déforestation, création du Fonds climat, ou encore contrôle des actions promises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

“Quand on arrive à la fin de la première semaine, il commence à y avoir des prises de positions un peu plus fortes, un peu plus radicales, des effets de manche”, remarque l’ambassadeur climat de la France, Brice Lalonde.

Ces prises de position s’affirment non sans heurt sur la question de l’avenir du Protocole de Kyoto, sujet qui a quasiment éclipsé tous les autres.

Le devenir du protocole s’apparente en effet à ” une épée de Damoclès” planant sur de la conférence, d’après le négociateur en chef de l’Union européenne, Artur Runge-Metzger.

Le Japon a mis le feu aux poudres en réaffirmant solennellement, dès l’ouverture de la conférence le 29 novembre, qu’il ne signerait pas une seconde période d’engagement du traité, après la première qui expire fin 2012.

Selon la délégation japonaise, le fait que ni les Etats-Unis, ni la Chine, les deux plus grands pollueurs du monde, ne se soient engagés à réduire leurs émissions de GES de manière contraignante (puisque non signataires du protocole de Kyoto) constitue une véritable injustice. De plus, le traité ne concernerait que 27% des émissions mondiales, ce qui le rendrait peu efficace.

Le Canada, l’Australie et la Russie sont aussi réticents à une nouvelle période d’engagement, mais n’ont encore affiché aucun retrait officiel.

Les pays du sud y sont, eux, très attachés et exigent une seconde période.

TOPSHOTS-Members-of-the-O-006

Membres du Sierra Club à Cancun, exprimant clairement leurs sentiments quant aux Etats qui, d’après eux, évitent la question du changement climatique.

Photographe: Ronaldo Schemidt/AFP/Getty Images


C’est le cas notamment de l’Alliance bolivienne pour les Amériques (Alba), groupe de 9 Etats d’Amérique latine, « alliée » des pays d’Afrique, des Etats arabes et de toute autre nation en voie de développement, qui fonde tous ses espoirs sur le maintien du protocole.

L’alliance a d’ailleurs insisté auprès de la présidence mexicaine du sommet pour que celle-ci rédige un traité engageant les pays industrialisés à prévoir et suivre des objectifs nouveaux pour la période postérieure à 2012, date d’échéance de Kyoto.

D’après le journal britannique “The Guardian”, si ce traité potentiel omettait la référence à une prolongation du protocole de Kyoto et se limitait à soutenir les seules bases de l’accord de Copenhague, alors les pays émergents cesseraient les négociations.

Les pays industrialisés essayaient hier soir d’éviter le désastre diplomatique, assurant ne pas vouloir enterrer le protocole de Kyoto. Le Royaume-Uni et l’Union Européenne ont affirmé être prêts à signer pour une seconde période d’engagement, à condition que d’autres s’engagent aussi en ce sens.

Même si l’on attend les ministres des 190 Etats participants cette semaine, la déception générale paraît difficile à atténuer : il y a peu de chance qu’une seconde période d’engagement au protocole de Kyoto soit négociée à Cancun.

Sources :

http://www.guardian.co.uk/world/2010/dec/04/cancun-climate-talks-kyoto-latin-america

http://www.journalmetro.com/monde/article/710341–cancun-les-negociations-environnementales-evoluent

http://www.romandie.com/ats/news/101205090211.hhpm2kgw.asp

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *