Objectifs européens pour 2020 compromis

La Commission Européenne nous annonçait en début d’année non seulement l’atteinte des objectifs fixés pour 2020 en matière d’énergies renouvelables, mais aussi leur dépassement. Le rapport annuel de CapGemini (société de conseil sur les marchés européens de l’énergie), publié ce mercredi 17 novembre, est quant à lui bien moins optimiste.

Ces objectifs pris dans le cadre du «paquet énergie climat» avaient été baptisés les «3 x 20». Ils consistaient à :

  • réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre (et de 30% en cas d’accord international),
  • porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique européenne,
  • réaliser 20% d’économies d’énergie.

Mais «l’Europe ne pourra pas atteindre d’ici 2020 son objectif de 20% d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique.» «Si l’objectif de diminution de 20% des émissions des gaz à effet de serre devrait être atteint sans problème, en revanche la réduction de 20% de la consommation énergétique, visée également à horizon 2020, risque d’être plus problématique», affirme Colette Lewiner, directeur du secteur énergie chez CapGemini, dans le 12e Observatoire des marchés européens de l’énergie.

La crise a touché de plein fouet les pays occidentaux. Une de ses conséquences, en France notamment, est le ralentissement du développement des énergies renouvelables. Les subventions publiques sont asséchées, et l’accès au crédit est diminué, alors que ceci permettait au grand public de s’équiper.

La plus populaire des énergies renouvelables n’a pas échappé à la règle. L’énergie solaire a subi une baisse du tarif de rachat de l’électricité photovoltaïque, en France, en janvier et septembre de cette année. Le gouvernement n’aidant plus la population ce sont les particuliers qui doivent assurer les financements.

L’énergie éolienne est également montré du doigt : les sites terrestres européens les plus favorables sont déjà équipés. Le développement est ainsi freiné, il faut donc exploiter les potentielles fermes offshore (en mer), mais elles sont bien plus complexes à développer et requièrent plus d’investissements.

Malgré des bons respectifs de 15 et 53%, en 2009, des productions d’énergie éolienne et solaire, selon CapGemini ce sera insuffisant. La société ajoute qu’en 2009, la part du renouvelable dans la production énergétique en Europe était de 9%, et la croissance dans ces dix prochaines années ne pourrait pas suffire à atteindre les objectifs fixés par les institutions européennes.

De plus, ces énergies ne sont pas encore compétitives, leur développement doit donc être payé par les clients, ainsi les prix de l’électricité augmentent. Cette décision se justifie par des impératifs financiers, mais qui provoque bien sûr la réticence des consommateurs. Ladite augmentation est également due à la modernisation nécessaire des réseaux électriques existants pour favoriser le développement des énergies vertes.

En conclusion, l’Europe va devoir, selon CapGemini, mettre les bouchées double pour rattraper son retard en matière d’énergie verte. Un challenge difficile alors que la reprise économique se fait tout juste sentir dans certains Etats membres.

www.capgemini.com

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