Privatisation de la biodiversité : une solution ?

La dixième Conférence de l’ONU relative à la Convention sur la Biodiversité a débuté lundi 18 octobre 2010 à Nagoya, au Japon.

Le rapport du groupe d’étude “économie des écosystèmes et de la biodiversité” (TEEB) y a présenté ses dix recommandations générales pour préserver la biodiversité.

Le cœur de leurs solutions est de valoriser les systèmes écosystémiques,dans les domaines forestiers, urbains et miniers; la méthode écosystémique étant  une gestion d’ensemble de toutes les parties d’un écosystème (eau, terres, êtres vivants…) pour mieux les utiliser et les préserver.

Ces dix recommandations s’adressent à tous les membres de la société : organismes internationaux, gouvernements, entreprises, particuliers, associations etc.

Innovation intéressante parmi celles-ci, l’objectif “d’estimer l’inestimable” : il s’agit de chiffrer la valeur des services écosystémiques rendus par la biodiversité pour que les politiques incluent les coûts et bénéfices de préservation ou de restauration de l’environnement dans leurs décisions.

Au travers de ces recommandations se décline toute  la problématique de l’approche économique de la biodiversité, approche qui ne résout pas à elle seule la complexité du fonctionnement des écosystèmes. L’impact des externalités négatives des entreprises sur l’environnement et des effets pervers de certaines aides agricoles ou  halieutiques reste ainsi absent de la vision économique.

Se pose aussi la question de la valeur incitative (ou non) des taxes sur les émissions de pollution (principe du pollueur-payeur) et des politiques de compensation, solutions de façade pour certaines entreprises.

oil extraction

Le rapport préconise en effet d’évaluer les “services environnementaux” rendus par la nature et d’en fixer le prix pour les gérer avec des “financements innovants”. Ces derniers seraient construits sur l’idée de la compensation ci-dessus évoquée.

Le système, existant déjà aux États-Unis et  en France, consiste en l’achat de crédits par des entreprises aux activités polluantes (dans notre cas, en terme d’atteinte à la biodiversité) auprès de banques gérant les gains obtenus par d’autres activités de protection de la biodiversité, des écosystèmes ou de l’environnement en général.

Il y aurait donc des échanges de crédit par l’intermédiaire d’établissements privés et financiers de compensation.

La promotion de mécanismes de marché pour pallier aux déséquilibres d’écosystèmes prendra-t-elle aussi place au sein de la prochaine Conférence Cadre sur le Changement Climatique des Nations Unies ?

Selon les estimations de l’association ATTAC, “à Cancun, les forêts primaires, par le mécanisme REDD (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation forestière), devraient entrer dans la finance carbone”.

Nombreuses sont les organisations sociales et écologistes estimant que le financement de la sauvegarde de la biodiversité devrait être mondial et public, puisque son objet est un bien commun à tous.

Elles n’hésitent cependant pas à rappeler que cela ne saurait  se faire sans réduire en amont les atteintes aux écosystèmes et à l’environnement ( “l’empreinte écologique” des entreprises ).

empreinte ecologique

Sources :

http://www.teebweb.org/LinkClick.aspx?fileticket=G_6CIN8acpg%3d&tabid=1278&mid=2357

http://www.france.attac.org/spip.php?article11805

http://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport-teeb-economie-biodiversite-valeur-11240.php4

<a href=”http://www.photo-libre.fr”>Photos Libres</a>

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