Le Grenelle de l’environnement à la Réunion

Voila maintenant  2 ans (8 juillet 2008) que Jean louis Borloo ministre de l’écologie, de l’énergie et du développement durable lançait le projet GERRI (Grenelle de l’environnement à la Réunion : Réussir l’Innovation ou Green Energy Revolution :Reunion Island) avec comme principal objectif  d’offrir un horizon basé sur les énergies renouvelables et permettre à l’île d’acquérir l’autonomie énergétique d’ici 2030.

Ce programme est jalonné d’étapes à court terme : d’ici 2015 l’exploitation de l’éthanol produit sur place, le développement des transports en commun avec le tram train ou encore l’expansion du marché du photovoltaïque seront des axes prioritaires à valider. Puis le programme suit une autre phase jusqu’en 2020. Il  sera question d’approfondir les ressources en géothermie et en énergies marines ainsi que d’améliorer la propreté des bâtiments. Enfin, la dernière phase se conclue pour 2030 en mettant l’accent sur l’urbanisation et l’ouverture aux nouvelles technologies naissantes telle que la pile à combustible.

Depuis le lancement du projet, un petit tour d’horizon des différentes sources d’énergies  s’impose.

Le solaire photovoltaïque


Etant donné les conditions d’ensoleillements de l’ile de la Réunion et les avantages fiscaux (couts de rachat supérieurs à la métropole), une part importante de projet solaire photovoltaïque compose le programme GERRI. En effet, c’est l’un des axes majeurs du plan, si ce n’est le plus crucial. Véritable moteur, comme l’illustre l’ouverture de la première ferme photovoltaïque au sol de France à Sainte Rose en 2008. Ainsi après cette inauguration, le parc Réunionnais va se voir doter de nouveaux panneaux avec  la réalisation par le groupe Casino de la couverture de ces bâtiments (5 grandes surfaces concernées sur l’île) et des parkings en ombrières photovoltaïques représentants près de 15 MW de production d’électricité.

  • Concept pratique et esthétique valorisant les surfaces de parking.
  • Protection des véhicules et réduction de l’utilisation de la climatisation.

Ci-dessus la Couverture du centre pénitentiaire du Port en photovoltaïque  pour une puissance d’environs 10 MWc.

prison

– Enfin, notons qu’un appel à candidatures a été lancé pour équiper la route des tamarins (axe routier principale de l’ile) en photovolataïque.

L’énergie marine


Ce secteur est également un des piliers du projet puisqu’il représente un atout pour l’île qui fonde beaucoup d’espoirs sur cette source d’énergie.

Peu exploitée jusqu’alors, elle fait l’objet de nombreuses convoitises.

Les entreprises Seawatt et Corex étudient la faisabilité de la mise en place d’une centrale de production d’électricité de 30 MW au large de Saint-Pierre grâce à la technologie Pelamis (voir photo ci dessous).

SEAWATT MISA  19 décembre 2008


EDF énergie nouvelle : expérimente la production d’électricité à partir de la force houlomotrice. Le projet nommé Cetto vise à terme à une production de 20 à 30 MWc avec l’installation de 100 à 150 bouées au large de st pierre.

Enfin le projet Sea Water Air Condutioning (SWAC) : est basé sur une utilisation de l’eau froide (5°C) puisée dans les profondeurs des océans (1000 m) pour alimenter le réseau urbain de climatisation et développer des activités dérivées génératrices d’emplois durables (thérapeutiques, pharmaceutiques, aquaculture, énergétiques).

L’hydroélectricité

Jusqu’en 1980 cette source permettait de répondre à l’intégralité des demandes de l’île. Aujourd’hui, elle y représente 23 % de son énergie renouvelable : 528 MW installé.

EDF vient de construire un quatrième bassin sur un site d’altitude à la Rivière de l’Est dans le cadre du périmètre du parc National. Ce quatrième bassin va porter la capacité totale de cette installation hydro-électrique à 78 MW avec 4 réservoirs de 25.000 m3

bassin1

Biomasse

la start-up réunionnaise BIOALGOSTRAL, spécialisée dans les technologies relatives à la culture des micros algues souhaite créer un biocarburant de troisième génération ayant un potentiel annuel de production de 50 000 tonnes d’algocarburant. De plus cette entreprise souhaite utiliser la capacité exceptionnelle d’absorption et de recyclage des polluants par les micros algues pour valoriser les déchets de l’air et de l’eau et les transformer en ressources.

Tel qu’on peut le voir les projets mis en œuvre ou en cours d’études sont nombreux et variés, on peut encore noter par exemple le projet VERT de véhicule propre en partenariat avec Renault ou encore la création d’éco-quartiers à Saint Paul…

Néanmoins la réussite de tous ces projets nécessite une collaboration, une éducation  et un changement des habitudes de la population réunionnaise. Chose que le gouvernement à vite compris et concrétisé par le biais des campagnes Lampe Basse Consommation (LBC : 3 campagnes lancées par EDF et l’ADEME avec 1,5 millions d’ampoules mis en vente à 1euros l’unité.)

Ces initiatives semblent marcher puisque par exemple sur les 400000 foyers réunionnais un tiers sont équipés de chauffe eau solaire : C’est un record Européen.

Cependant il convient de surveiller et de nuancer les prévisions car plusieurs événements sont venus perturber le déroulement du programme. Nous pouvons citer entres autres  le classement de l’île au patrimoine mondial de l’Unesco qui a interrompu les projets de géothermie sur le volcan ou la récente loi qui a supprimé la défiscalisation du photovoltaïque.

Auteurs:Youssouf CHARAF-DINE et Léna SIXDENIER

Pour aller plus loin

www.gerri.re

www.corex.re

http://www.bioalgostral.com/

www.linfo.re

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