SITA ALSACE: VALOREST une valorisation innovante des biodéchets

SITA ALSACE, filiale de SUEZ environnement a inauguré au mois de septembre 2010 la 1ère unité en France de traitement des biodéchets emballés, VALOREST, à côté du site de l’usine d’incinération du Rohrschollen. Le choix de l’Alsace s’est imposé naturellement pour deux raisons: d’une part la région a décidé depuis 2004 d’interdire l’enfouissement des biodéchets (qui est avec l’incinération le mode de gestion le plus courant); d’autre part les nombreuses industries agroalimentaires productrices et distributrices de biodéchets emballés sont présentes en nombre sur le sol alsacien, dans les 8000 entreprises, restaurants collectifs et cantines, hyper et supermarchés, ce qui représente un marché de valorisation matière et énergétique de cette catégorie de déchets de 60000 tonnes par an.

Ces biodéchets sont des déchets organiques emballés ou non issus de l’industrie agroalimentaire ou de la grande distribution, tels que les produits périmés ou les défauts de production impropres à la consommation ou à la commercialisation. Il s’agit par exemple des briques de soupes, des boissons, des barquettes de charcuterie ou de boucherie, des yaourts en pots, des sachets de salade, et la liste continue. Ils représentent 80% des déchets des industries agroalimentaires, 60% des déchets des hyper et supermarchés et 55% des déchets de la restauration collective (source ADEME). Les biodéchets, en tant que déchets fermentescibles,  représentent également une source importante de méthane qui est rappelons-le un gaz à effet de serre ayant un pouvoir de réchauffement 25 fois supérieur à celui du CO2. Ainsi, SITA soucieuse des objectifs du Grenelle de l’Environnement, a décidé de mettre au point un process permettant de réduire le tonnage incinéré ou mis en décharge des biodéchets.

C’est pourquoi, SITA ALSACE a investit 1.5 millions d’euros (dont 20% financé par l’ADEME) dans cette unité innovante de valorisation des déchets organiques emballés ou non, VALOREST. Celle-ci repose sur un procédé comportant plusieurs phases. Dans un premier temps, un tri élémentaire est fait en amont par les producteurs et distributeurs de biodéchets, ce qui est nécessaire car les boites métalliques et le verre ne rentrent pas dans le processus de broyage. Puis, les biodéchets arrivent à VALOREST dans un bâtiment fermé de 500 m2 équipé d’un système de filtration des odeurs, passent par une étape de vidage, d’homogénéisation (de manière à obtenir un mélange efficient de déchets liquides et solides), de malaxage, puis enfin le processus de broyage-séparation des déchets et de leurs emballages à l’aide d’un broyeur à marteau (le broyeur à marteau permettant d’atteindre un rendement de plus de 90% par rapport à un broyeur classique type meule qui se contente d’écraser pelle-mêle les biodéchets et leurs emballages). Une fois la matière organique séparée des emballages, celle-ci forme un substrat dans une des citernes étanches. Ce substrat représente 90%, et les emballages étant considérés comme des “refus de broyage” seulement 10%. Le substrat obtenu sera destiné à des sites de méthanisation qui pourront en faire du biogaz, le reliquat de la méthanisation formera quand à lui un digestat destiné à servir d’amendement organique agricole. Ce biogaz servira à produire à la fois de l’électricité ainsi que de la chaleur par cogénération. Quand aux emballages broyés, il seront redirigés vers des usines thermiques de valorisation énergétique afin de produire également de l’électricité.

L’objectif de VALOREST est d’atteindre une production de 24000 tonnes de substrat par jour. SUEZ entend développer l’unité VALOREST au reste de l’Hexagone après le pari réussi en Alsace  Un seul problème demeure pour VALOREST, il n’existe pas en Alsace de sites de méthanisation et le substrat organique doit être redirigé vers l’Allemagne ou la Belgique. Néanmoins, 4 projets de sites régionaux de méthanisation sont en cours dont celui pour 2012 de la Communauté Urbaine de Strasbourg, prés de son usine d’incinération, une partie de l’électricité produite sera alors destinée à être utilisée sur place et l’autre sera revendue.

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