Dernière étape avant Cancùn : Tianjin.

La Chine accueille du lundi 4 au samedi 9 octobre 2010 la Conférence Préparatoire des Nations Unies sur le réchauffement climatique.

C’est à Tianjin, ville surpeuplée située à 150 km de la capitale, que se déroule en effet actuellement la dernière réunion de travail de procédure des négociations internationales sur le changement climatique entre les 194 Etats parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (« United Nations Framework Convention on Climate Change » : UNFCCC).

Il s’agit de la dernière ligne droite avant le sommet de Cancún, d’où doit émerger une décision en termes de changement climatique.

Ce quatrième cycle de négociations des Nations Unies sur le changement climatique rassemble quelques 25 000 participants, dont 3 000 délégués nationaux, des milliers de représentants du monde de l’entreprise, de l’environnement et de la recherche.

Sont présents notamment les représentants nationaux membres de l’AWG-LCA («Ad Hoc Working Group on Long-term Cooperative Action under the Convention ») dont la mission consiste à poser les bases d’une solution à long terme concernant le changement climatique, bases à partir desquelles les participants du sommet mexicain travailleront.

S’y trouvent également les représentants nationaux membres de l’AGW-KP («Ad Hoc Working Group on Further Commitments for Annex I Parties under the Kyoto Protocol») dont les discussions concernent la réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) promise et ratifiée par les 191 Etats parties au Protocole de Kyoto jusqu’à 2012, date d’expiration des engagements prises sur le fondement du Protocole.

Il convient de rappeler que sur ces 191 pays, seuls 37 – industrialisés et en voie de développement – se sont engagés juridiquement concernant la limitation et la réduction des émissions de GES.

L’objectif ultime de ces deux conventions internationales (Protocole de Kyoto et l’UNFCCC) est de stabiliser les émissions de GES dans l’atmosphère à un niveau qui empêchera de dangereuses interférences humaines avec le système climatique.

Il n’en demeure pas moins qu’un sérieux scepticisme plane sur de cette conférence, tout autant que sur le sommet de Cancún qui se déroulera du 29 novembre au 10 décembre 2010.

On se souvient en effet du sentiment d’échec du Sommet de Copenhague l’an passé : la conférence, victime des espoirs qu’on lui attribuait, s’est soldée par un accord politique négocié à la hâte par une poignée de chefs d’Etat.

L’objectif premier était de limiter la hausse de la température de la Terre à 2°Celsius d’ici 2020, sans calendrier ni engagement juridique (Traité) contraignants.

Les Etats sont restés évasifs quant aux moyens de parvenir à ce noble projet et n’ont fixé aucun objectif chiffré de réduction des émissions.

La plupart ont fini par donner leurs prévisions de réduction des émissions au niveau national de manière totalement discrétionnaire. De véritables inégalités  sont ainsi apparues. Pour exemple :

Le Canada et les Etats-Unis ont promis de réduire de 17% leurs émissions de GES par rapport à 2005 d’ici à 2020…tandis que le Japon s’est engagé à réduire ses émissions de 25% par rapport à 1990 d’ici à 2020.

Or, se fonder sur les quantités produites en 1990 demeure plus restreignant que de se baser sur des chiffres de 2005.

Le sommet de Cancún a pour ambition de parvenir à l’édiction d’un Traité contraignant concernant la réduction des émissions de GES, prenant ainsi le relais du bientôt défunt Protocole de Kyoto.

Mieux encore, et c’est sur ce point que son prédécesseur danois n’avait pu avancer, le sommet de décembre prochain a pour objectif de rassembler plus d’Etats parties encore que Kyoto.

Le protocole de 1997 n’avait, par exemple, pas été ratifié par les Etats-Unis, la Chine ou encore l’Inde. De par sa force juridique et sa « rigueur », cette convention internationale n’avait pas accordé les Etats du monde entier.

Comment alors Copenhage pouvait-il relancer un tel accord ?

Comment désormais la Conférence de Cancún aboutira-t-elle tant à la force juridique d’un traité contraignant qu’à la cohésion mondiale des Etats?

Tianjin nous livrera certainement les derniers éléments de réponse d’ici à quelques jours…à l’heure du communiqué de la session de fermeture, ouverte aux journalistes.

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