“Copenhague, chronique d’un accord inachevé”

Tel est le titre du documentaire proposé par Jean-Philippe Amar qui a suivi pendant neuf mois Laurence Tubiana, négociatrice mandatée par le Ministère des affaires étrangères, depuis les sessions de Bonn et Bangkok, jusqu’à la clôture du sommet Copenhague. Diffusé lundi 11 janvier sur Canal +, “Copenhague, Chronique d’un accord inachevé” met en lumière les discussions et les tractations qui ont débouché sur l’accord décevant de Copenhague.

Déjà monté aux trois-quart avant l’ouverture du COP15, le documentaire de Jean-Philippe Amar a été à peine retouché une fois le résultat de Copenhague confirmé, « pour souligner les points qui allaient mener à l’échec », explique Elena Sender, co-auteure. Chargée d’aider le Maltais Michael Zammit Cutajar, ancien rédacteur du protocole de Kyoto, à élaborer un texte ambitieux mais acceptable par tous, Laurence Tubiana nuance un peu plus ses propos quant au résultat de Copenhague : on ne peut parler d’échec selon elle, puisqu’il existe à présent un outil pour continuer dans la voie de la lutte contre le changement climatique. Et même s’il est loin des attentes de l’opinion publique,  cet accord a obligé les pays à se projeter d’ici 40 à 50 ans, fait plutôt inhabituel dans les négociations internationales. Sur cette note optimiste, Laurence Tubiana reconnait tout de même que l’accord de Copenhague est loin du niveau du protocole de Kyoto, et qu’il faudrait tendre vers un après Kyoto intégrant au minimum les plus gros émetteurs.

Mais il faut d’abord comprendre les éléments en jeu expliquant le résultat actuel, afin de préparer au mieux l’après Copenhague, et c’est ce qu’offre “Copenhague, chronique d’un accord inachevé”. Apparait alors rapidement ce qui était la principale difficulté : l’articulation d’une part de la volonté de progresser dans la lutte contre le changement climatique, et d’autre part des intérêts nationaux propres à chaque pays. On comprend qu’avant même le début du sommet des rapports de force étaient en route. Dès Bangkok en effet, les Américains prennent le dessus, volant la vedette aux Européens, pourtant les seuls à proposer des objectifs chiffrés et à réclamer des fonds pour les pays les plus démunis. Se succèdent alors tout au long des négociations intrigues, retournements de situation, pressions, discussions parallèles et nuits blanches, pour qu’au final ce soit “les gros qui mangent”.

Autre élément important que souligne Laurence Tubiana : la présence citoyenne. “Si on avait pas eu cette pression de l’opinion publique, et si cette pression manque maintenant, alors oui les gouvernements ne vont pas faire l’effort pour lutter, pour changer de modèle de production” a-t-elle déclaré lors de son interview au Grand Journal, avant la diffusion du documentaire sur Canal +.

Dommage d’ailleurs qu’il ait été diffusé en crypté, on aurait bien aimé le voir…

Pour visualiser l’interview de Laurence Tubiana au Grand Journal, avant la diffusion du documentaire, cliquez ici.

Rediffusions du documentaire “Copenhague, chronique d’un accord inachevé” (en crypté):

  • dimanche 17 à 3h40 sur canal+ décalé
  • lundi 25 à 3h40 sur canal+

Pour plus d’informations, cliquez ici.


Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *