L’extraction des sables bitumeux canadiens, une catastrophe écologique ?

Alors que Total espère produire 200 000 barils de pétrole par  jour à partir des sables bitumeux d’ici à 2020 (voir un article plus ancien à ce sujet en cliquant ici), le périodique scientifique américain Proceedings of the National Academy of Sciences a publié le 7 décembre dernier une étude allant plutôt à l’encontre de ces projets. L’extraction des sables bitumeux en Alberta (Canada) génèrerait en effet jusqu’à cinq fois plus de pollution que ce qu’annonçaient les industriels et le gouvernement. Des conclusions qui suscitent plutôt la controverse !

Axée sur la qualité de l’air et de l’eau le long de la rivière Athabasce, cette étude menée par le professeur David Schindler et son équipe de l’Université de l’Alberta révèle la présence de dépôts de bitume dans un rayon de 50 kilomètres autour des principales installations pétrolières, soit  une distance deux fois plus grande que les estimations officielles. Pourtant  les deux principales sociétés pétrolières en activité de la région,  la Suncor et la Syncrude, n’estiment qu’à 6 000 tonnes la quantité de particules qui s’échappent annuellement de leurs installations! Mais pour David Schindler et son équipe, il s’agirait plutôt de 34 000 tonnes/an… Cela permettrait alors d’expliquer l’augmentation des niveaux de pollution de l’air et du sol en Alberta depuis l’exploitation des sables bitumeux.

A noter également que l’exploitation des sables bitumeux  aurait fait croître les émissions de la région de 3,4 mégatonnes d’équivalent CO2 entre 2004 et 2008 ! Des résultats peu vendeurs, surtout dans le contexte actuel de réduction des émissions carbone et de négociations pour le climat à Copenhague…

Total et les autres grands groupes pétroliers devront donc certainement revoir leurs projets canadiens. Car même si les investissements prévus jusqu’à présent se chiffrent à 2,5 milliards de dollars pour Total, Greenpeace compte bien faire campagne pour limiter toute activité liée aux sables bitumeux !

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Pour télécharger l’étude publiée par le périodique scientifique américain Proceedings of The National Academy of Sciences , cliquez ici.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.